Cycle 1

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Chapitre un : Une ville, un chasseur et un garçon


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  • Où est l'enfant ?
  • Nous l'ignorons. Nos hommes n'ont pas encore réussi à le localiser.
  • Ceci est très regrettable.
  • Je sais maître, mais nos informateurs nous ont appris que l'enfant était accompagné par un chasseur de primes du nom de S. Nous sommes en train d'étudier son dossier.
  • J'espère que vous aurez plus de résultats.
  • Oui maître.

L'hôtel était sale, petit et infecté de cafards. Situé au plus profond de New City 4, il convenait parfaitement à la situation. Ils devaient se cacher et réfléchir. S n'avait jamais eu affaire à une telle mission. Depuis trois jours, il servait de garde du corps à un petit garçon de trois ans. Qu'il était-il ? S n'en savait rien. Néanmoins, ses employeurs avaient été très clairs, refuser de le protéger était impossible. Ils n'avaient rien dit, mais S comprit assez rapidement qu'il devait accepter. C'était le genre de proposition qu'on ne pouvait pas refuser, à moins de vouloir en finir prématurément avec la vie.
L'enfant, qui n'avait pas de nom, ne parlait pas, ne criait pas, ne mangeait pas et ne buvait pas. S se posait de plus en plus de questions. Était-il humain ? Était-ce encore une expérience génétique détournée par des militaires ? Une nouvelle affaire Bacchus ? S regardait le garçon allongé sur le lit. Dormait-il ?
  • T'es qui toi ?
L'enfant ne bougea pas, mais S eut la certitude qu'il l'avait entendu. S se dirigea à la fenêtre et regarda la ville et ses lumières. La nuit avait pris possession de New City 4. Les taxis brûlaient les feux rouges, les lumières des casinos illuminaient le ciel obscur. S connaissait cela par cœur. Il faudrait du temps à leurs poursuivants pour les trouver ici. Mais qui étaient leurs poursuivants ? La mafia, l'armée, le gouvernement ? Il avait accepté la mission, mais on ne lui avait rien dit. Il bailla. Il réfléchirait demain. Il s'allongea à côté de l'enfant et s'endormit.


Le café Majestic était un des plus petit de New City 4. Seuls les habitués connaissaient son existence. Sobre, décoré comme un vieux café américain des années cinquante, il était le point de ralliement de nombreux chasseurs de primes et de criminels voulant retrouver un minimum d'anonymat. Max, le tenancier, était un des plus grands faussaires du continent. Arrêté par le célèbre inspecteur Panic pour escroquerie, il s'était reconverti, après sa libération sur parole. Depuis, il vivait tranquillement, mais il ne refusait jamais d'aider une de ses vieilles connaissances de Rykers X.
S avait souvent travaillé pour le co-détenu de Max à Rykers X. En allant au Majestic, S espérait que Max avait entendu parler d'un enlèvement d'enfant, mais il cherchait aussi une nouvelle planque. Il devait bouger.
S demanda à l'enfant de l'attendre dans sa voiture. Il entra dans le café. Dès qu'il vit le regard de Max, il comprit qu'il devait faire demi-tour. Il rebroussa chemin et il vit des ombres s'approcher lentement de sa voiture. L'enfant hurlait à l'intérieur. S se précipita et tira plusieurs coups de beam-laser. Les ombres furent frappées d'éclairs puis de spasmes. Elles vacillèrent et S put entrer dans le véhicule afin de démarrer. Cette mésaventure lui remémora les mots de ses employeurs. Ne pas laisser l'enfant seul, à aucun prix.
Tout se compliquait pour S. Ses poursuivants savaient pour Max, l'hôtel devait déjà être sans dessus dessous. Les amis et les refuges habituels étaient à proscrire. La mission se compliquait.
  • Je suppose que tu sais pas qui sont ces gus, demanda-t-il à l'enfant ?
Pas de réponse.


  • Du nouveau, Connors ?
  • Nous sommes dans leur chambre.
  • Ont-ils laissé quelque chose ?
  • Non.
  • Et pour le Majestic ?
  • Ils ont réussi à nous échapper.
  • Vous savez que le maître veut des résultats. Il n'a pas le temps d'attendre. vos échecs peuvent avoir de lourdes conséquences.
  • Nous en avons conscience.
  • Autre chose ?
  • Nous avons réussi à poser un traceur sur leur véhicule. C'est une question de temps.
  • Bien.


S n'avait jamais vu de telles créatures. Il savait que les êtres organiques pouvaient ressembler à beaucoup de choses, mais à des ombres, c'était bien la première fois. Dans l'affolement, il avait oublié d'allumer son ordinateur de bord. À peine mis en route, le détecteur de traceur se déclencha. Ils étaient suivis. S se gara rapidement et se mit à la recherche du traceur. Ce dernier avait été mis probablement sous le capot quand il se dirigeait vers le Majestic. Il le saisit et le jeta au loin. Avant de reprendre sa place au volant, il aperçut un hélicoptère qui se dirigeait vers eux. C'était trop tard. Une voiture surgit.
Un homme au costume foncé en descendit et s'approcha des fugitifs. S ne le connaissait pas. Il ressemblait à une caricature d'agent fédéral avec son crâne chauve et ses lunettes noires. S avait l'habitude de ces hommes-là. Il ne comptait plus les fois où les fédéraux lui avaient volé les bénéfices de ses recherches. C'était beaucoup plus facile pour eux de suivre un chasseur de primes et d'arrêter le fugitif juste avant lui. Les gains de temps et d'argent justifiaient largement cette façon de procéder.
  • Donne-nous l'enfant.
Ce dernier sortit du véhicule de S et se mit à ses côtés. Il tremblait de tout son corps. Quoi qu'il allait se passer, S ne le laisserait pas seul cette fois. L'agent sortit son arme.
  • On se dépêche !
S vit le corps de l'enfant qui tremblait de plus en plus fort. Il leva son bras droit à mi-hauteur et le temps s'arrêta. Pendant une fraction de secondes, S n'entendit plus aucun bruit, l'hélicoptère fut figé dans le ciel, les palmes immobiles. S regarda autour de lui, ne sachant pas quoi penser ni faire. Puis le temps reprit son cours. L'hélicoptère reprit sa course circulaire au-dessus d'eux. L'agent baissa son arme.
  • Partez, dit-il.
Sans en demander plus, S et l'enfant remontèrent dans leur voiture et s'échappèrent à toute allure.



L'agent Connors entra dans la pièce blanche. Le maître voulait le voir. Il avait conscience des conséquences de ses actes. Mais, il avait délibérément choisi de laisser l'enfant s'échapper. Il ne voulait plus travailler pour le mal. Toute sa vie, il avait tué, pourchassé voire même torturé. Sa vie ne se résumait qu'à la souffrance et la mort. Ça ne pouvait plus durer. S'ils voulaient vraiment l'enfant, il leur faudrait trouver quelqu'un d'autre pour effectuer la sale besogne.
  • Vous êtes mort Connors.
  • Je sais Monsieur.
  • Avez-vous seulement conscience de la portée de vos actes ?
  • Débrouillez-vous sans…
Connors s'écroula, foudroyé.
  • Nos hommes continuent d'étudier le dossier de S, mais il sait que nous le suivons Maître. Nous avons perdu l'effet de surprise.
  • Il est déjà trop tard. Nous devons tuer l'enfant à présent.
  • Ses pouvoirs sont plus précoces que nous le pensions.
  • Il ne doit plus les utiliser. Vous savez les conséquences de ses actes.
  • Nous ferons le maximum pour empêcher le chaos de gagner.
  • Vous devez réussir.

S fit très attention de ne pas dépasser les limitations de vitesse. Inutile de s'attirer l'intérêt de la police.
  • Évidemment, toi, tu ne sais rien. Tu suspends le temps et tu trouves ça normal. Bon sang, c'est quoi cette galère, se demanda-t-il tout haut ?
L'enfant le regardait fixement. Aucune émotion ne transparaissait sur son visage sauf l'apaisement. Tous les récents évènements ne l'affectaient pas. Comme si tout cela n'était jamais arrivé. S décida de ne pas le questionner davantage. Il se concentra sur sa conduite pour se détendre.

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mercredi 9 octobre 2013 - Webmestre : Sylvie Blas