Cycle 1

12345...12

Chapitre deux : Re-creation


Page copy protected against web site content infringement by Copyscape


Le Maître était assis dans son large fauteuil bardé d'ordinateurs intégrés aux accoudoirs. Il posa ses mains sur sa tête et se frotta les tempes. Des ondes du monde entier se faufilaient au travers de son esprit. Des voix, des cris, des prières ricochaient sur toutes les parois de sa conscience. D'ici quelques heures, tout un plan de la réalité allait disparaître emportant avec lui la vie de milliards d'individus, tous innocents. Ce tourbillon mental allait durer encore plusieurs jours avant de s'effacer lentement. Il fallait retrouver l'enfant immédiatement.
  • Vous avez bien fait d'éliminer l'agent Connors, mais il faut le réactiver à présent. Nous perdons de plus en plus le contrôle de la situation.
  • Je sais Maître. Et que faisons-nous des ombres ? Elles sont toujours là.
  • Ne vous souciez pas d'elles, l'enfant doit rester notre priorité. Il est urgent d'agir.

La voiture roulait le long des néons de New City 4. L'enfant ne disait toujours rien. Pas un mot depuis l'attaque près du café Majestic. Il fallait se rendre à l'évidence, il avait arrêté le temps. Simplement, d'un geste du bras. S n'en revenait toujours pas. Il ne s'agissait pas d'un mauvais film de science-fiction ou d'un énième roman, c'était vrai, il l'avait vu de ses propres yeux. Tout en surveillant la route d'un œil, il ne cessait de jeter des regards inquiets vers l'enfant. Les lueurs rouges et bleues des néons se reflétaient en alternance sur son visage calme et paisible. Il ressemblait à un garçon banal en somme, un gosse en train de rêver doucement en contemplant la ville endormie.
Où aller ? Leurs poursuivants semblaient anticiper chacun de leurs déplacements. Ils ne seraient en sécurité chez aucun des contacts de S. Une idée lui vint soudainement à l'esprit. Il savait où se rendre ! Après tout, cette affaire était trop bizarre pour lui. Il tira sur le rétro frein du véhicule et amorça un demi-tour sur la route. L'enfant ne sourcilla même pas.

Il faisait froid. Quand il se réveilla, il vit qu'il ne portait qu'une chemise chirurgicale. C'était un hôpital. Pourquoi était-il là ? Il se leva, mais il tomba aussitôt au sol. Ses jambes lui faisaient mal. Il pouvait sentir le moindre de ses muscles. Une douleur aiguë s'empara de son esprit. Toute la pièce autour de lui se mit à basculer dans un sens puis dans un autre. Il eut un haut-le-cœur et vomit de la bile. Il vit quelqu'un entrer.
  • Merde, il s'est réveillé, dit l'homme avant de repartir aussitôt !
À nouveau seul, il tenta de se redresser à l'aide du lit. Péniblement, il réussit à se tenir debout. Alors qu'il s'apprêtait à s'asseoir pour reprendre ses esprits, plusieurs hommes en blouse blanche entrèrent dans la pièce. Sans dire un mot, un des deux prit dans sa main une sorte de pistolet en forme de seringue et le dirigea vers lui. Comme par réflexe, il repoussa l'arme et tenta de fuir. Mais, trop faible, il s'écroula à nouveau. Cette fois, il ne parvint même pas à se relever. Il avait l'impression d'être un bout de viande, abandonné sur le sol, prêt à être avalé. Un des docteurs lui injecta un sérum dans la carotide. Ses douleurs aux jambes et à la tête s'estompèrent, néanmoins, il se sentait toujours aussi faible, incapable de réagir. Il fut remis sur le lit, à demi-inconscient.
Un autre homme entra, celui-ci portait un costume sombre. Son visage lui était familier, mais trop épuisé, il ne réussit pas à se souvenir. D'ailleurs, il ne se souvenait pas de beaucoup de choses.
  • Content de vous revoir Connors. À ce que je vois, vous avez toujours vos réflexes, c'est bien. Vous allez en avoir besoin, je crois. Mais, il faut que vous vous détendiez. D'ici quelques instants, on va vous faire une autre piqûre et tout vous reviendra. Je sais que pour l'instant, tout vous paraît confus, mais, croyez-moi, encore un peu de patience et tout ira mieux. Nous sommes là pour vous aider.
Sa voix était apaisante. Connors, il semble que c'était son nom, respira profondément et essaya de se relaxer. L'homme devait le connaître. Avait-il eu un accident ? Était-il blessé, se demanda-t-il ? Le calmant faisait son effet, ses interrogations s'évanouirent progressivement et il s'endormit.
Au même moment, devant l'entrée de la chambre, l'homme costumé discutait avec un des médecins, il semblait agacé.
  • Comment se fait-il qu'il se soit réveillé si vite ?
  • Nous l'ignorons Monsieur, mais il va falloir revoir les protocoles, il semble qu'ils deviennent de plus en plus résistants à nos produits émergents.
  • Injectez-lui le second sérum et surveillez-le de très près. Il ne faudrait pas qu'il nous échappe. On a déjà suffisamment assez d'ennuis comme ça.

S pénétra dans l'immense immeuble en verre tenant l'enfant par la main. Le petit garçon ne manifestait toujours aucune émotion. L'ascenseur les mena jusqu'au dernier étage où ils pénétrèrent dans un vaste bureau. Trois hommes en costume se tenaient derrière une large table. Leurs trois visages, étrangement identiques, se contractèrent sous l'effet de la contrariété.
  • Je vous rends l'enfant ! Je laisse tomber l'affaire !
  • Vous êtes fou ! Vous n'auriez jamais dû venir jusqu'ici avec lui ! Vous les avez probablement amenés jusqu'à nous.
  • Désolé, mais il se passe trop de choses étranges depuis que vous m'avez engagé. J'ai une armée d'ombres à mes trousses et des fédéraux aussi. Et ce gosse est capable d'arrêter le temps ou un truc dans le genre ! Vous n'avez rien dit pour ça.
  • Si c'est une question d'argent…
  • Rien à faire ! Je laisse tomber, dit S en relâchant la main de l'enfant.
  • Ne vous opposez pas à nous S. Vous ne savez pas à qui vous avez à faire. Votre refus ne vous conduirait qu'à la mort.
Long silence. S avait essayé et ses employeurs ne cédaient pas. Ils savaient que ce n'étaient pas des amateurs. Apparemment, ils n'avaient pas l'intention de l'aider davantage, bien au contraire. S commença à se dire que tout ceci était une erreur et que sa situation devenait de plus en plus critique. Tout en réfléchissant, il vit au loin un hélicoptère munit d'un projecteur s'approcher de l'immeuble. Il repensa à celui qu'il avait rencontré peu avant. Cela n'annonçait rien de bon.
Soudain, les vitres éclatèrent et la porte du bureau fut défoncée. S fit feu immédiatement sur les hommes qui tentèrent d'entrer puis, il prit l'enfant pour se cacher sous le bureau, hors de la portée de l'hélicoptère. Un tireur, à l'intérieur de celui-ci, abattit rapidement les employeurs de S et tenta de l'atteindre, sans succès. Le chasseur de primes ne voyait aucune issue. Le tireur attendait qu'il essaye de sortir pour l'éliminer lui et l'enfant comme pour un tir aux pigeons. Quant à l'hélicoptère, le projecteur empêchait toute tentative de visée contre lui.
  • Qu'est-ce que t'attends pour te servir de ton pouvoir ? Arrête ce foutu temps et renvoie-les d'où ils viennent, ordonna-t-il à l'enfant !
  • Laissez partir l'enfant, exigea une voix qui devait provenir de l'hélicoptère, vous n'avez aucune chance !
Le gamin restait, lui, toujours silencieux comme si les événements ne semblaient pas l'affecter. S était fou de rage contre lui. Comment pouvait-il ne rien faire ? C'est à ce moment-là que Connors entra par la porte, enjambant les cadavres de ses collègues. S n'en croyait pas ses yeux. Allait-il les laisser fuir comme la dernière fois ? Sans un mot, l'agent sortit son Beam laser de sa poche intérieure et abattit froidement S. Celui-ci n'eut à peine le temps de lever son arme lorsque l'impact le toucha en pleine poitrine. C'en était fini pour lui. L'enfant leva la tête et observa le corps sans vie de S. Il se mit debout et planta son regard dans celui de Connors.
  • Opération terminée, dit Connors à son talkie-walkie.
L'hélicoptère stationné en face de lui fit demi-tour et il le regarda s'éloigner. Connors prit la main de l'enfant et ils quittèrent le bureau.
  • On rentre à la maison, dit-il.




12345...12

Copyright Emmanuel Blas ©. Tous droits réservés. http://www.omnitempus.quelquesraresqualites.frPartenaires : Fleurs de Sakura Manga | Fleurs de Sakura Comics
Cliquez ici pour vous abonner à ce flux RSS
mercredi 9 octobre 2013 - Webmestre : Sylvie Blas