Cycle 1

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Chapitre quatre : La fuite


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Tout se bousculait dans l'esprit de Connors. C'était comme s'il venait de se réveiller. Pourtant, tout semblait sous contrôle. Il avait réussi à reprendre l'enfant et il était en route pour le rapporter à ses patrons. D'ailleurs, le garçon était calme, solidement attaché sur le siège du passager, il ne pleurait pas, aucun sentiment ne se reflétait sur son visage. La voiture, quant à elle, roulait parfaitement à travers la ville. Il n'était pas suivi. De toute façon, l'hélicoptère n'était pas trop loin et Connors pouvait à tout moment le contacter. La radio était, elle aussi, en parfait état de marche. Alors pourquoi cette sensation étrange ? Il devait se ressaisir. Il fit quelques exercices respiratoires. Tant pis si l'enfant pouvait voir son léger stress. Dans quelques instants, tout allait se terminer et il pourrait reprendre le cours de son existence. Soudain, une question surgit dans sa tête. Quelle vie ?
En voilà une question. Quelle vie ? Comme s'il ne savait pas. Un rire nerveux traversa son visage, puis il réfléchit. Il n'en avait aucune idée. Pourtant, il connaissait son nom, Connors, David Connors. Et c'était tout. Rien d'autre. Aucun visage, aucun nom, seulement un épais brouillard. Il avait néanmoins accepté cette mission sans sourciller, mais, à présent, il ne savait même plus pourquoi. Il regarda l'enfant sans même deviner qui il était. Celui-ci lui l'observait désormais. Tout cela n'était pas normal, il se passait quelque chose, on lui avait fait quelque chose. Il s'arrêta en pleine route sans faire attention aux klaxons de protestations des autres automobilistes mécontents.
  • Qu'est-ce qui se passe, demanda-t-il à l'enfant ? Dis-moi ce qui m'arrive.
  • La voiture…
Soudain, l'arrière de sa voiture fut violemment heurté par un autre véhicule. Sous le choc, la tête de Connors fut projetée contre le volant. Il perdit connaissance immédiatement. S ouvrit la portière du passager et dégagea l'enfant. Il prit celui-ci dans ses bras et l'emmena avec lui. Il remonta à bord de sa Vectra et fuya la zone avant que l'hélicoptère ne fasse son apparition. À l'intérieur, l'enfant le regarda les yeux interrogatifs.
  • Tu croyais quand même pas que j'allais les laisser faire sans rien dire ? Gilet par balles, il souleva légèrement son pull noir. Désolé pour l'attente, mais j'ai dû le laisser prendre une légère avance. Apparemment, les choses se gâtent. Je sais toujours pas ce que je dois faire de toi, mais vu les moyens qu'ils mettent en œuvre, c'est pas des amateurs, loin de là. Je vais devoir te cacher un certain temps afin de tirer toute cette affaire au clair tu comprends, l'enfant hocha la tête, attentif ?

Tandis que S s'échappait, Connors se réveilla. Du sang coulait sur son visage, son nez était cassé. Il était sonné, complètement perdu. Il était trop faible pour bouger. Quelques instants après, l'hélicoptère vint le chercher. Des hommes le dégagèrent de la voiture et l'emmenèrent avec eux. Une patrouille de police assista à toute la scène, les policiers contactèrent leur poste de relais, mais la vérification ne s'effectua jamais comme si les agents en circulation n'avaient jamais rien vu.

S roula toute la nuit. Il quitta New City 4 en prit la direction de l'ouest. Lorsqu'il fut laissé pour mort après l'attaque, il réfléchit aux options qui lui restaient. Soit il abandonnait l'enfant à son triste sort et il reprenait sa vie de chasseurs de primes, soit il partait à sa recherche. Sa première intention consistait à tout laisser tomber. Après tout, il avait failli mourir et ses employeurs étant morts, ils ne pourraient jamais le payer. Mais, après réflexion, il voulait comprendre. Il voulait savoir qui était vraiment l'enfant et pourquoi des pseudo agents fédéraux souhaitaient le capturer. Et puis, sa conscience lui aurait gâché le reste de son existence s'il n'avait rien fait.
Kilomètres après kilomètres, le danger semblait s'éloigner. Personne ne les suivait et son ordinateur de bord ne détectait aucun danger aux alentours. C'était le moment idéal pour réfléchir. L'endroit où il comptait déposer l'enfant n'était pas la meilleure cachette au monde, mais il n'avait pas le temps de quitter le pays. Il allait devoir retourner en ville pour trouver des explications. Le camp adverse devait probablement savoir qu'il n'était pas mort. Il allait remuer ciel et terre pour le retrouver lui et l'enfant. Mais S ne connaissait pas toute l'histoire. Une fois l'enfant en sécurité, il pourrait enquêter et trouver une piste. C'était la seule chose à faire à présent. Il maudit au passage sa conscience qui venait de lui rendre la vie impossible, sa mère allait le payer pour l'avoir élevé comme ça.

La pancarte indiquait « Bienvenue à Dakota 5 ». Il trouvait toujours ce genre de message à l'entrée des villes absurde et profondément bête. Comme si tous les habitants de Dakota 5 étaient des êtres charitables et ouverts d'esprit. Non, ils étaient aussi stupides, aussi méchants, bref aussi humains que les autres. Pas pires, pas mieux. Tout ce cirque le gavait. La route avait été longue et la faim commençait à se faire sentir. Son humeur commençait à atteindre les abysses de l'agacement. Il devait manger. L'enfant se réveilla. Il avait dormi presque tout le trajet et lui aussi devait avoir un trou à la place de l'estomac. S quitta l'autoroute et entra dans la ville. Sa mère habitait la banlieue dans un petit pavillon comme des millions. Après un poste de manufacturière dans l'industrie de l'automobile, elle fut remerciée deux ans avant la retraite la privant ainsi de sa pension complète. Elle dut multiplier les petits boulots pour garder sa maison. À présent, le crédit payé, elle pouvait enfin profiter un peu de la vie malgré ses faibles revenus. S avait tout fait pour ne pas l'embarrasser avec ses affaires. Pourtant, il se réfugia chez elle à plusieurs reprises notamment quand des employeurs étaient mécontents ou quand la police lui cherchait des noises. Une fois encore, il allait lui demander un petit coup de main. Il gara sa voiture un pâté de maison plus loin et remonta la rue à pied, l'enfant à la main. Il ne remarqua pas la moindre voiture suspecte, il avait un peu de temps devant lui. Aussitôt le garçon en sécurité, il retournerait à New City pour dénouer cette affaire.
Il frappa à la porte. Sa mère fut toute surprise de le voir. Elle était encore en robe de chambre, décoiffée et les traits encore tirés. La soixantaine bien avancée, elle gardait malgré tout le charme de sa jeunesse et ses yeux bleus en avaient fait succomber plus d'un et ils continuaient sûrement d'ailleurs.
  • Angus ? Mais qu'est-ce que tu viens faire à cette heure-ci ? C'est le tien ?
  • Laisse-nous entrer maman.
  • Tu as des ennuis, lui demanda-t-elle en ouvrant la porte ?
  • Disons que j'ai quelques trucs à faire et je ne peux pas le garder avec moi. Tu pourrais le garder avec toi le temps que je règle tout ça ? Je n'en ai pas pour longtemps. La journée tout au plus.
  • Je croyais que c'était fini entre toi et Diane…
  • Maman… Ça n'a rien à voir, ce n'est pas mon enfant…
  • Tu sais tu peux tout me dire, après tout j'ai l'âge d'être grand-mère, je peux l'encaisser…
  • Maman ! Ce n'est pas mon enfant ! Garde-le, c'est tout ! Tu verras, il est très sage, il ne t'embêtera pas. Et je reviens dès ce soir, demain au plus tard, c'est tout.
  • Dans quoi tu t'es encore fourré ?
La télévision était allumée et S la regarda alors qu'il détournait la tête, agacé par la réaction de sa mère. Il vit des images d'un reportage sur un café. Il reconnut celui de Max, le Majestic. Il fit un signe à sa mère pour qu'elle se taise et il s'approcha du poste. Des passants étaient interviewés et affirmaient avoir vu des ombres. La journaliste annonça la mort du patron, probablement tué par ces mêmes ombres.
  • Cela fait plusieurs mois que des phénomènes de ce genre se produisent, les autorités continuent, elles, de nier l'existence de ces ombres. Alors, demanda la journaliste, ces ombres, info ou canular ? La mort du patron de ce café va peut-être lever le voile…
S devait partir et trouver les réponses. L'affaire était probablement d'une grande ampleur et il ne pourrait rien faire en continuant d'avancer dans le brouillard. Il lui fallait des indices.
  • J'ai pas le temps de t'expliquer, maman. Je dois y aller. Petit, il se pencha pour parler à l'enfant, je dois te laisser ici. Ma mère va s'occuper de toi. Je reviens le plus vite possible, ne t'inquiète pas, tu es en sécurité, il ne pourra rien t'arriver ici.
S les salua une dernière fois et traversa le pâté de maison pour retrouver sa Vectra. Il ne vit toujours pas la moindre trace des fédéraux ni de la police. Il démarra et retourna vers l'autoroute. Retour à la case départ et il avait toujours faim.

  • Encore un échec !
  • Je sais maître, le chasseur de primes s'est encore joué de nous. Cela ne se reproduira plus.
  • Il nous faut l'enfant. Les médias commencent à poser trop de questions. Les ombres se multiplient, elles agissent au grand jour, à présent. Nous allons devoir intervenir.
  • Nous allons retrouver l'enfant. Les ombres ne seront plus un problème dès lors.
  • Dépêchez-vous ! Neutralisez le chasseur de primes et ramenez l'enfant. Nous n'avons plus le temps de jouer.



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mercredi 9 octobre 2013 - Webmestre : Sylvie Blas