Cycle 1

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Chapitre six : Le réveil de Bacchus


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  • Bacchus… ouvrez les yeux Bacchus… réveillez-vous…
  • Oui, je suis… la muse ? L'ange… mon ange, c'est bien vous. Je suis là…
  • Concentrez-vous Bacchus, ouvrez les yeux…
  • L'ouragan, la tempête, le feu… je veux le froid. Vous êtes si belle ma muse.
Gambers se releva. Il fit signe aux scientifiques installés derrière leur vitre de brancher l'électricité et d'envoyer une décharge. Bacchus, assis, fut pris par un spasme violent puis reprit sa position initiale comme si de rien n'était. Gambers demanda une autre décharge, sans succès. Prit d'impatience, il exigea une forte dose. À l'intérieur de la cabine de surveillance, Robert Pryor hésita. Un tel choc pouvait être fatal. Il fallait toujours progresser par palier, c'était la procédure. Gambers fit un autre signe. Pryor obéit en ne pouvant s'empêcher de plaindre Bacchus. Celui-ci allait une fois de plus souffrir. Et ce fut le cas. Il cria et s'agita dans tous les sens. Attaché fermement à une chaise, il ne pouvait s'enfuir ni expulser la douleur. Il cracha de la bave puis la douleur s'estompa lentement. Gambers se pencha à nouveau.
  • Vous êtes avec nous Bacchus ?
  • Gambers… quel plaisir de vous voir…
  • Vous allez devoir nous aider.
  • Encore… de quoi s'agit-il cette fois ? Votre incompétence a encore fait des ravages ? C'est la routine pour vous, n'est-ce pas ? Dites-moi, ils n'en n'ont pas assez de vous là-haut ? C'est la combientième de fois que vous venez me voir.
  • Silence misérable microbe, il le saisit brusquement, je vous rappelle que vous n'avez pas le choix alors concentrez-vous qu'on en finisse ! Retrouvez l'enfant et après ce sera au tour des ombres.
  • Je ne peux rien contre elles, vous le savez…
  • Mensonges, il le gifla ! Vous mentez très mal. Vous n'allez pas me dire qu'un grand garçon comme vous a peur de son ombre.
Bacchus maudissait Gambers. La colère commençait à grandir au fond de lui. Petit à petit, chaque parcelle de son cerveau se reliait à nouveau à l'ensemble de son esprit, débarrassant son corps de la moindre particule de drogues. Le courant électrique que produisaient ses neurones éveilla en lui une énergie considérable. Tout devenait clair. Gambers, la prison, l'enfant, les ombres. Il se souvenait de tout, des mauvais traitements, des piqûres, des expériences, des injections de sérums en tout genre. Il se revoyait agonisant dans une multitude de chambres blanches, froides et intemporelles. Il ne savait plus quel jour il était. Plus de repères, plus de sens, plus de liberté. Gambers sourit. Bacchus accumulait de l'énergie. Il ordonna la mise en place du second protocole.
Bacchus était relié à un ordinateur par un câble greffé sur sa nuque. Cet ordinateur avait la capacité de générer des images de toutes sortes à l'intérieur du cerveau. On pouvait ainsi modifier complètement la vision de l'individu et ses pulsions. Il fallait néanmoins agir rapidement. Bacchus commençait, en effet, à atteindre le seuil limite au-delà de tout contrôle magnétique. L'ordinateur le bombarda d'ondes et de signaux électro-sensoriels. Bacchus ne vit plus Gambers, mais l'enfant. Il se trouvait plus à l'intérieur de la prison, mais dehors en pleine campagne entouré de fleurs et d'oiseaux. Tout rayonnait autour de lui. Il pouvait même sentir le vent sur son visage. Libre ! Il se mit à courir, débarrassé de toutes ces contraintes.
Après quelques minutes, il vit l'enfant devant lui. Sans savoir pourquoi, il éprouva à son égard de la colère. Il s'approcha de lui et tout en avançant, il sentit sa colère se transformer en rage, en haine. L'enfant, lui, était impassible, comme s'il attendait quelque chose. « Tu vas l'avoir ! Oh oui, tu vas l'avoir ! » se dit Bacchus pour se motiver. Une fois face au petit garçon, il n'avait plus qu'une seule idée, le massacrer, le réduire en bouillie. « Oh oui, tu vas l'avoir ! »

L'aube commençait à émerger et elle n'avait pas dormi ou si peu. La télé continuait de diffuser des émissions de couples en détresse. Elle avait même regardé un film X sans s'en rendre compte. Complètement saoulée par les images, elle n'avait plus eu le moindre contrôle sur sa télécommande. Seul la nature pouvait la sortir de cet état semi-comateux. Il fallait qu'elle aille aux toilettes. Et certains osent affirmer qu'il n'y a rien de plus beau que la nature… Curieuse beauté. En sortant de la salle de bains, elle éprouva une brusque envie de caféine. Elle se remplit une tasse avec le café de la veille. Tant pis. Puis, elle en prépara du frais. Celui-là accompagnerait son petit déjeuner. Elle se demanda ce que prenait le petit garçon. Pain, céréales, chocolat chaud ? Il n'avait déjà rien bu ni mangé la veille. Si ça se trouve, il était peut-être malade. Elle prépara une autre tasse, dans le doute.
Alors qu'elle préparait la table, elle entendit des râles. Pas de doute, l'enfant avait quelque chose. Elle entra dans la pièce. Tous les draps du lit étaient défaits et le petit garçon était recroquevillé sur lui-même. Il se plaignait. Rachel s'approcha de lui lentement en lui disant de se calmer, que tout allait s'arranger. Mais l'enfant s'agitait de plus en plus. Il se mit à parler de manière complètement décousue. Rachel entendit les mots muse, ange et tempête. Elle ne comprenait plus rien. Elle le prit dans ses bras, il était trempé de sueur. Les spasmes se multiplièrent. Elle ne put le garder près d'elle tant il se secouait. Il poussa un cri terrible, un cri inhumain pour un garçon de son âge. Rachel prit peur, elle s'apprêta à quitter la pièce pour appeler Angus quand elle sentit une chaleur emplir la pièce rapidement. Elle se retourna et elle vit l'enfant debout, les yeux rouges et les cheveux en feu. Elle cria à son tour. « Oh oui, tu vas l'avoir » lui dit le garçon qui ressemblait désormais à un monstre issu d'un mauvais film d'horreur. Rachel s'enfuit terrifiée et saisit son téléphone.

S était en colère. Il avait tout essayé. Toutes les pistes avaient abouti à des impasses. Ses employeurs étaient morts. Il ne saurait sans doute jamais qui ils étaient. Quant à l'enfant, excepté ses pouvoirs sur le temps, il ignorait tout de lui. Tout pourrait aller néanmoins pour le mieux si ces fichus fédéraux n'étaient pas sur le coup. Eux aussi semblaient vouloir mettre la main sur les talents du gosse. Le gouvernement n'avaient apparemment pas l'intention de voir un tel potentiel lui échappait. Attitude habituelle. Mais S n'avait pas trop la fibre patriotique du moins, il ne l'avait plus. Aussi tant qu'il n'en saurait pas davantage sur les intentions des uns et des autres, il garderait le petit en sécurité.
De toute façon, il ignorait si les fédéraux étaient de vrais fédéraux. L'habit ne fait pas forcément le moine après tout. Ils pouvaient très bien être de la mafia ou d'un pays étrangers. En tout cas, ils avaient des moyens. L'hélicoptère n'était pas un modèle touristique. S'il avait des amis redevables dans les services secrets, il pourrait les contacter. Mais, S n'était pas le héros d'un mauvais film d'espionnage. Il ne connaissait pas de réseau caché ni de taupes extrémistes. Les rares relations qu'il avait n'étaient que des petites frappes. Il est vrai que jusqu'à présent, il n'avait jamais eu affaire à de très gros poissons dans son métier.
Il ne lui restait plus que la fuite à travers champ. La retraite ne l'enchantait guère, mais il n'avait plus le choix. Ses ennemis devaient probablement fouiller son dossier. Avec l'administration militaire et ses lenteurs, ils ne trouveraient rien sur lui d'ici deux ou trois jours. C'était déjà ça de pris, estima-t-il. Soudain son téléphone sonna, c'était sa mère. Il brancha le haut parleur pour lui parler tout en conduisant. Celle-ci était complètement paniquée.
  • Il va me tuer, il va me tuer, cria-t-elle !
  • Maman, j'arrive, ne t'inquiète pas, je…
La communication fut brutalement coupée. S recomposa le numéro, mais il n'eut même pas de tonalité. Il accéléra immédiatement après. Que se passait-il ? Les fédéraux étaient-ils là ? Non, elle parlait de l'enfant. Il voulait la tuer, elle. Mais pourquoi ? Il n'avait jamais montré de signes d'hostilité auparavant. Alors pourquoi ? Mais, finalement, que savait-il de l'enfant ? Rien. Peut-être était-il vraiment dangereux. C'était peut-être lui le problème, lui le méchant dans toute cette histoire. Les fédéraux avaient peut-être de bonnes raisons de vouloir l'arrêter. Ses pouvoirs étaient impressionnants, il avait eu l'occasion de le vérifier par lui-même. Il pouvait ralentir le temps et, qui sait, il pouvait peut-être influencer le comportement des personnes. S se remémora sa première rencontre avec l'agent. Il les avait arrêtés et pourtant, il les avait laissé filer. Le gamin était très puissant et cela dépassait tout ce qu'il avait vu avant. Néanmoins, au fond de lui, S n'arrivait pas à croire qu'il s'était mis du mauvais côté de la barrière. Il ne pouvait pas croire que l'enfant soit une réelle menace. Il ne pouvait pas l'expliquer ou alors celui-ci avait aussi trafiqué son jugement et il se servait de lui tout comme il l'avait fait pour l'agent. Dans ce cas, sa mère était en très grand danger.




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