Cycle 1

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Chapitre sept : Agent Connors au rapport !


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Quelle heure était-il ? Il n'osait pas le savoir. Son estomac criait famine, ses paupières ne cessaient de s'abaisser. Même son cerveau fonctionnait à moitié. La journée avait été longue, très longue. À peine avait-il eut le temps de boucler l'affaire Richardson qu'il avait dû se rendre à l'immeuble Toronto Plazza à cause d'une attaque aérienne. Sur le coup, il n'avait pas compris, mais une fois sur place, il vit un étage complètement détruit. Des témoins avaient parlé d'un hélicoptère, de mitrailleuses, c'était la guerre. On évita de justesse la panique. Fallait dire qu'après les récentes émeutes raciales, la moindre étincelle pouvait tout embraser de nouveau. Petersen revint ensuite à son bureau pour tout expliquer à son commissaire et se faire engueuler par la même occasion. Tout était prétexte au commissaire pour rabaisser Petersen. À cause d'une mauvaise alchimie, les deux hommes ne pouvaient pas se sentir. Il n'y avait aucune explication rationnelle à cela. Il arrive parfois que deux personnes ne s'aiment pas et ce dès le premier regard. Le commissaire avait l'avantage de la hiérarchie et en abusait à volonté. Il souligna à son inspecteur que les médias étaient évidemment sur le coup et qu'il devait trouver une explication rapidement à ce grave incident. Petersen retourna sur les lieux, mais ne trouva rien hormis un journaliste obligé de prendre des photos des lieux à cause d'une erreur d'un stagiaire.
Petersen traversa le commissariat, se fraya un chemin à travers les différents bureaux pour atteindre celui de Davis. Ce dernier lui avait téléphoné alors qu'il était encore dans l'immeuble. Il avait fini de visionner les enregistrements des caméras de surveillance du bâtiment.
  • J'ai trouvé quelque chose qui devrait vous intéresser, inspecteur. Juste avant l'attaque, un homme accompagné d'un gamin est entré dans le bureau attaqué. Le voilà.
  • Merde ! Enfoiré, sale fils de pute ! Il m'a bien eu !
  • Vous le connaissez ?
  • Oh oui, je le connais. Isolez son visage et faites une recherche dans le fichier. Je l'ai croisé dans l'immeuble juste avant de venir ici. Je veux savoir qui il est et aussi savoir à qui appartenait ce bureau.
Davis pianota sur son clavier. Le visage de S fut enregistré et l'ordinateur commença sa recherche. Petersen bouillonnait à l'intérieur. Et dire qu'il avait plaisanté avec lui tout à l'heure. Si le commissaire l'apprenait, il allait encore entendre parler du pays. Quelques secondes suffirent à la machine pour donner un nom. L'inconnu se faisait appeler S. Son activité, chasseur de primes. Aucune adresse connue, ni même de passé. S n'existait, en fait, que depuis une dizaine d'années comme s'il venait de nulle part. Petersen demanda à Davis de vérifier le fichier des anciens détenus et de contacter les fédéraux. Il était peut-être un témoin sous haute protection ou un ancien repris de justice. Personne ne peut apparaître comme ça par magie. Petersen laissa Davis à ses recherches pour aller téléphoner à l'aviation civile. Il contacta le bureau New City 6 qui avait en charge les autorisations des douze premiers quartiers de la ville. Il tomba sur une secrétaire aimable qui le mit en attente quelques instants. Un homme repris la communication. Dès ses premiers mots, Petersen comprit qu'il dérangeait.
  • Comment ça, vous n'avez pas de trace d'un appareil de ce type ?
  • C'est ça, vous devez faire erreur. Nous n'avons délivré aucune autorisation de vol pour un hélicoptère militaire ou de combat.
  • Vous êtes en train de me dire qu'un hélicoptère armé jusqu'aux dents a pu attaquer un immeuble en plein centre ville sans que vous le sachiez. Vous n'allez pas me dire que vos radars et autres satellites n'ont rien vu. Ou alors c'est la panne de réseau du siècle !
  • Écoutez, je ne peux rien pour vous !
Le responsable de l'aviation raccrocha. Petersen avait mis le doigt sur quelque chose. À peine reposa-t-il le combiné lui aussi que son patron le convoqua dans son bureau. Les emmerdes ne faisaient que commencer. La nuit allait être aussi longue que la journée.
  • Je viens d'avoir les fédéraux. C'est quoi cette histoire ? Vous fouillez leurs archives ?
  • Mais de quoi parlez-vous ? Je faisais juste des recherches sur l'hélicoptère. L'aviation civile affirme que…
  • Je me fous de l'aviation civile ! Les feds viennent de me dire qu'un de mes hommes avait fait des recherches dans leurs archives et dans le même temps ils me demandent de leur confier cette histoire d'hélicoptère. Comme c'est vous qui vous vous en chargez, je me dis que le responsable de toute cette merde c'est vous ! Je ne veux pas d'embrouilles avec ces gens-là. Vu ? !
  • Bien vu, mais alors je fais quoi ?
  • Du bon boulot ! Dehors !
Petersen quitta la pièce. Il n'avait pas l'intention d'obéir à ce fichu incompétent. C'était son enquête et tant qu'on ne lui donnerait pas une explication valable, elle le resterait. Davis l'attendait avec des feuilles à la main. Il ressemblait à un gosse qui a fait la bêtise de sa vie et qui s'attendait à une baffe phénoménale.
  • Du nouveau, Davis ?
  • J'ai eu ce fax par une de mes sources chez les feds. Votre gars est un ancien soldat des forces spéciales. Pas moyen d'en savoir plus si ce n'est l'adresse de ses parents à Dakota 5 et quelques infos sans importance. Tout est bouclé. Ma source n'avait pas l'air rassuré d'ailleurs. À mon avis, c'est un sacré client. Pendant que vous discutiez avec le chef, j'ai aussi vérifié pour le gamin. Alors, pour lui, on n'a rien de rien. C'est pas un enfant disparu. Il est dans aucune base de données.
  • Et pour les bureaux dans l'immeuble, ils appartenaient à qui ?
  • À une société bidon, qui s'appelait Incorps. J'ai encore rien trouvé sur elle, mais elle ne figure dans aucun registre du commerce ou autre. J'attends que la compagnie des télécoms m'envoie le relevé de leurs communications. On sait jamais.
Davis eut à peine le temps de finir sa phrase que son fax vibra. La liste attendue sortit de la machine. Elle allait permettre à Petersen d'en apprendre peut-être un peu plus sur toute cette histoire qui ne sentait pas bon du tout. Un ancien soldat, une société fictive, un gosse et une attaque à grande échelle en pleine ville. Sans oublier les fédéraux. Ces derniers voulaient sûrement récupérer l'affaire pour effacer leur erreur. Comment avaient-ils pu laisser faire une chose pareille ? Mais dans tout ça, ce qui intriguait encore plus l'inspecteur, c'était d'avoir revu le chasseur de primes sur place. Pourquoi diable était-il revenu ?
Alors qu'il divaguait dans ses pensées, il posa ses yeux sur l'écran télé installé en hauteur dans un des coins du commissariat. Les journalistes étaient souvent mieux informés que les policiers. Aussi le commissaire décida de brancher la chaîne info vingt-quatre heures sur vingt-quatre. De nos jours, disait-il, les gens appellent d'abord la télé avant la police. Sur ce point, il n'avait pas tout à fait tort.
Depuis quelques heures, des experts en tout et n'importe quoi émettaient des hypothèses à propos de l'attaque et de l'hélicoptère. Selon eux, cet acte d'hyper terrorisme était le premier d'une longue série à venir. Les Etats-Unis devaient payer pour leur politique étrangère et leur éternelle ingérence dans les affaires des autres. Quelques-uns évoquaient les ombres et le meurtre du tenancier d'un bar mal famé qui avait eu lieu dans la journée. Pour l'instant, les autorités comme à leur habitude continuaient de nier l'existence de ces ombres. Petersen en avait vu une fois. Il n'avait rien dit, ni à ses collègues ni à son commissaire. De toute façon, elles n'existent pas, n'est-ce pas ?
Davis donna la liste à Petersen qui s'apprêtait à la lire lorsque le commissariat appela le jeune policier. Il devait partir immédiatement en patrouille. Davis eut le mauvais réflexe de demander pourquoi à son supérieur qui lui cria d'obéir sans sourciller. Le commissaire voulait le punir d'avoir aidé Petersen dans ses recherches. L'inspecteur garda ses pensées pour lui et il fit un léger signe à Davis quand celui-ci partit. C'était triste pour Davis, mais Petersen pouvait encore travailler. Grâce à la liste, il avait de quoi en savoir plus sur la fameuse société Incorps. Les fédéraux n'avaient qu'à chercher de leur côté.
« Flash spécial ! Nous venons d'apprendre à l'instant qu'une grave explosion vient d'avoir lieu dans la ville de Dakota 5. Nous n'en savons pas beaucoup plus pour l'instant. Nous attendons des nouvelles de notre envoyé spécial sur place, mais il semblerait qu'un quartier résidentiel soit touché. D'avantage d'infos après ces quelques pubs. »

Le commissaire n'eut pas le temps de quitter son bureau pour empêcher Petersen de partir que celui-ci avait déjà repris son imperméable pour se diriger immédiatement sur les lieux de l'incident.




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mercredi 9 octobre 2013 - Webmestre : Sylvie Blas