Cycle 2

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Chapitre sept : La mort à leurs trousses


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  • C'est cool, dit le Rat. J'adore ce boulot. Je transmets des infos et c'est moi qu'on engueule. C'est dommage qu'on ne survive pas à tout ça car tu pourrais toujours te reconvertir en entraîneur militaire. Tu serais parfait en soldat désabusé qui gueule tout le temps sur les jeunes recrues.
  • Ah, lâche-moi tu veux !
  • Alors je disais donc, avant d'être vulgairement interrompu, que les autorités gouvernementales ont déployé dans toutes les grandes villes de notre cher et beau pays des unités spéciales afin de traquer les terroristes. Il semblerait qu'elles soient constituées de clones génétiquement modifiés si j'en crois ces télex. Et après, on va dire que c'est pas beau le progrès !
  • C'est le démon, compléta le garçon.
  • Bien sûr le démon, celui qui a tout pété la dernière fois. C'est évident.
  • C'est très sérieux Rat, arrête de te moquer de lui.
  • Mais je ne me moque pas. J'ai la tête de quelqu'un qui se moque d'un gamin qui m'a annoncé il y a quelques heures la fin du monde avec des extraterrestres et aussi Dieu et toute sa clique ? Non, franchement, j'oserais pas me moquer. C'est mal me connaître.
  • Bon, tu pourrais pas en trouver plus sur ces unités.
  • Non.
  • Comment ça non ?
  • Ben non. C'est comme ça. Peux pas.
  • T'as bien bientôt fini tes conneries bordel ? !
  • Et voilà c'est reparti, encore des insultes. Faudra prendre des cours si tu veux finir au paradis car avec un tel langage, tu vas être recalé.
  • Abrège tu veux !
  • Je ne peux pas me connecter plus longtemps, mon portable a presque plus de batteries. C'est un vieux modèle. Pourquoi crois-tu que je te demande si souvent si on arrive bientôt. Pour t'emmerder ?
  • OK, laisse tomber. De toute façon c'est plus qu'une question d'heures maintenant. Si tout va bien on y sera ce soir.
Le radar de l'ordinateur de bord de la Vectra émit une série de bips inquiétants.
  • C'est pas bon ça, commenta le Rat.
  • Ils nous ont retrouvés, dit le garçon.
  • Ah oui et qui ça, les Marx Brothers ? Chouette j'les adore.
Un mini-obus téléguidé vint s'écraser à quelques mètres à droite de la voiture de S projetant du sable et des morceaux de terre. Les passagers furent tous secoués, mais le véhicule ne s'arrêta pas. Au contraire S accéléra.
  • COOL ! Suis mort de rire !
  • Accrochez-vous, il est au-dessus de nous.
  • Plus près de toi mon Dieu ! Pardon, j'ai pêché ! C'est vrai, j'aurais pas dû divorcer, c'est pas légal vis-à-vis de toi !
  • Ah, tu vas la fermer oui !
Nouvelle explosion. Derrière cette fois. La Vectra fut secouée plus violemment. S eu beau accélérer, leur assaillant semblait déterminé à les stopper. Tout en conduisant, le chasseur de primes pianota sur son ordinateur de bord et ce malgré les remarques insistantes d'imprudence routière du Rat. L'ordinateur réussit à prendre en photo l'appareil au-dessus d'eux. Il s'agissait d'un Coptère 36, une machine volante vieille d'au moins quinze ans. Il n'y avait qu'une seule personne au monde qui utilisait encore ce tas de ferraille.
  • Bubuzzard, t'es vraiment un idiot.
  • On peut être mis au parfum ?
  • C'est une vieille connaissance. Un abruti fini.
  • Il tire plutôt pas mal pour un abruti.
  • Accrochez-vous !
S freina brusquement. Les passagers furent projetés en avant, mais le Coptère se trouvait désormais devant eux, à quelques mètres de hauteur. Le Rat vit au loin qu'il ne s'agissait pas d'un des Marx Brother, mais d'un homme obèse assis à l'intérieur d'une bulle transparente. Les hélices de l'appareil tournaient difficilement et de la fumée sortait de derrière. Le pilote abaissa le levier de commande et le Coptère plongea droit devant lui. Il tira une salve de balles qui tentèrent en vain de percer le blindage de la Vectra. Le vrombissement du moteur obligea le Rat à se boucher ses oreilles. S ne broncha pas et il laissa son véhicule à l'arrêt.
  • Tu comptes rester là longtemps, demanda le Rat ?
  • Je m'en occupe, répondit S.
Il sortit de la voiture, ferma sa portière et alla se placer au milieu de la route. Le Coptère était à nouveau suspendu à quelques mètres. Le soleil brillait, c'était l'après-midi. Le vent soufflait légèrement sur le sol projetant de petits nuages de sable. Un pur paysage américain. Et tel un cow-boy en plein western S dégaina. Buzzbuzard, à l'intérieur de son cockpit, se mit à rire. Amusé de la tentative de S, il le regarda faire son fier chevalier.
  • Qu'est-ce que tu crois, gros malin ? Tu peux faire le poids ? Allez ! Vas-y ! Essaye un peu ! Tu crois que tu peux m'atteindre avec ton petit joujou, plaisanta-t-il ?
S qui ne pouvait l'entendre leva son arme, la saisit par ses deux mains et il visa. Buzzbuzard ricanait. Il allait le laissait tirer histoire de rigoler, puis il le trouerait d'une salve de balles en pleine poitrine. Depuis le temps qu'il attendait sa revanche. Cela faisait des années qu'il était chasseur de primes, et S n'avait de cesse de se moquer de lui et de l'humilier en public. Cette fois-ci, les rôles étaient inversés. Il allait se venger de toutes les fois où S lui avait pris un contrat, retrouvé ses cibles, récupéré son argent. Aujourd'hui, c'était le jour de la facture et S allait payer très cher.
S tira sur le haut du Coptère, entre les deux palmes. L'appareil sursauta et se mit à bouger dans tous les sens. Buzzbuzard pesta et essaya de reprendre le contrôle de son appareil. En vain. Il perdit rapidement de la hauteur et se rapprocha dangereusement du sol. Il s'éjecta péniblement et tomba, se fracturant les jambes et quelques côtes. Le Coptère alla s'écraser plusieurs mètres au loin sur un des rochers qui ponctuaient le désert. S s'approcha du minable petit chasseur.
  • Depuis le temps que tu l'avais… Je t'avais déjà dit de la mettre à la casse.
  • Espèce de… saloperie… je t'aurais…
  • Écoute, je suis un peu pressé et toi aussi. Tu as besoin de soins et vite alors dis-moi qui t'envoie.
  • Tu peux crever, dit Buzzbuzard par défi.
S se mit accroupi et appuya sur une des jambes fracturées de son pseudo collègue. Ce dernier hurla de douleur.
  • J'aime pas ton humour la buse. Je répète ma question, qui t'envoie ?
  • Erika… Erika Zero…
  • Où est-elle ?
  • Elle arrive… elle… elle m'a envoyé en éclaireur…
  • Et merde, ajouta S en se relevant.
Il se précipita pour retourner dans la Vectra et il démarra à toute vitesse.
  • On peut être mis au courant de ta petite causette ou c'est personnel, demanda le Rat ?
  • On est dans la merde.
  • Ah ça, désolé, mais c'est pas nouveau, autre chose ?
  • Le gars que je viens d'abattre est un chasseur de primes comme moi. Il a été envoyé par une femme qui s'appelle Erika Zero.
  • Ouh, une femme. Justement je trouvais que tout cela sentait trop la testotérone… Et cette Erika Zero, je suppose qu'elle est très dangereuse et qu'elle t'en veut à mort.
  • On peut dire ça comme ça.
  • Evidemment. Et je suis prêt à parier que s'ils nous l'ont envoyée c'est parce qu'elle a un vieux compte à régler avec toi.
  • Si ça pouvait être si simple…
  • Alors, la suite c'est quoi ?
  • Une fois arrivé chez mon ami, on avisera.
  • Et toi gamin, t'en pense quoi de tout ça, tu crois qu'ils vont nous avoir ?
  • Le prêtre va venir me chercher. Il me veut ramener d'où je viens.
  • Et ça y est, le revoilà reparti dans son délire. Remarque, c'est normal, tout ça c'est vachement traumatisant pour quelqu'un de son âge.
  • Rat ?
  • Ouais ?
  • Ta gueule.

© Emmanuel Blas





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mercredi 9 octobre 2013 - Webmestre : Sylvie Blas