Cycle 3

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Chapitre dix : Lassitude maléfique 


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Fred cessa de se poser des questions et se précipita sur la silhouette qui s'approchait dangereusement de l'enfant. Il la saisit par derrière. Ils se débattirent quelques instants. Le Rat et l'enfant se réveillèrent. L'ingénieur se rapprocha de ce dernier afin de l'écarter des deux hommes qui n'arrivaient pas à se départager. Puis, à force d'insistance, Fred parvint à mettre son adversaire à terre. Cela faisait longtemps que quelqu'un avait réussi à lui tenir tête à ce point. Pourtant son agresseur n'était pas plus grand que lui, au contraire, il lui semblait étonnamment plus faible que lui. Et quand il se releva, Fred et le Rat se rendirent compte qu'il s'agissait en fait d'Al.
  • Donnez-moisch ché fichou gamin, cria-t-il.
Ce n'était pas la voix d'Al. Il ne parlait pas avec un médiocre accent espagnol d'habitude, même pour faire semblant. Quelque chose lui était arrivé et l'avait transformé, mais quoi ?
  • Yé vous le répétrais pasch deux fois ! Donnez-moisch ché fichou gamin !
  • Sinon quoi, demanda S qui les avait rejoints ? Qu'est-ce que tu comptes faire ? Tout faire péter comme tu l'as fait pour ma mère ? Nous envoyer tes petits copains comme le prêtre. Eh bien, tu veux que je te dise, j'en ai plus rien à faire.
S dégaina son arme et sans la moindre précaution, il fit feu et abattit d'un coup son ancien compagnon d'arme. Fred se précipita à ses côtés, mais il était déjà mort.
  • Laisse Fred, il était mort depuis bien longtemps.
  • C'est le méchant monsieur qui lui a fait ça, dit l'enfant.
  • Ça vous dérangerait pas de me mettre un peu au parfum ?
  • On a plus le temps Rat, faut foutre le camp d'ici.

  • Hiro de puta ! !
Zyphios commança à avoir un peu mal aux oreilles. Son maître ne faisait que crier depuis dix minutes et ses tympans, aussi maudits soient-ils, commençaient à saturer légèrement. Mais à part attendre que l'orage passe, il n'y avait pas grand-chose d'autre à faire. D'autant plus qu'il n'avait pas de bonnes nouvelles à lui annoncer. Après l'échec de l'ancien ami de S, la pilule allait être dure à avaler.
  • Sans vouloir accroître votre tension nerveuse maître, il ne put retenir ce trait d'humour, Dante et Cerbère ont réussi à libérer Bacchus.
  • Hum ! Ché bien la première foisch qu'ils réouchissent una mission chans problèmes.
  • À vrai dire, il y a quand même eu un petit souci.
  • Chérieux, répondit El Maligno ironique ?
  • Ils l'ont libéré, mais il a réussi après à s'enfuir.
  • Yé me chens las choudain, mais las… Et ché tout ?
  • Peut-être devriez-vous, si je puis me permettre une suggestion, revoir qui vous savez car, et sans vouloir dramatiser la situation, je vous rappelle que les extraterrestres ont attaqué la Terre et que les humains risquent de disparaître.
  • Pff, au point ou yen chuis… Appelle-le… Hiro de puta, souffla-t-il avant de se renfermer dans un silence frustré.

Comme c'était prévu, ils quittèrent Los Temptos en direction de Kansas City. Ils embarquèrent de la nourriture et tout le stock d'armes qu'Al avait mis de côté. Ils hésitèrent quelques instants entre le pick up et la Vectra. Le premier offrait la place, mais la seconde allait beaucoup plus vite et en ces temps d'attaque extraterrestre, c'était un atout à ne pas négliger. Ils firent donc le plein et abandonnèrent la charmante bourgade qui n'avait pas vu telle activité depuis des lustres. Ils pourraient en parler encore pendant des années, mais ce qui allait arriver était sans commune mesure. S reprit les commandes de sa voiture, le Rat à ses côtés et Fred et l'enfant à l'arrière. Le conseiller spirituel d'Al s'occupa du garçon afin de lui changer les idées.
  • Et tu savais depuis longtemps pour Al ?
  • Non.
  • Alors tu l'as descendu comme ça sur un coup de tête ! Mais, si ça se trouve, il a juste pêté les plombs. Il a un peu trop forcé sur la vodka. Tu te rends compte ! Tu l'as tué comme ça, sans hésiter.
  • Et alors ? Tu aurais préféré que je reste les bras croisés ? Quelque chose avait pris possession de son esprit. Il était déjà mort. Je le sais.
  • Ok, admettons. Une force maléfique a décidé de s'en prendre à nous. Au point où on en est. Après les fédéraux et les extraterrestres, maintenant le Mal. Demain, ce sera quoi ? Les vampires ? Les loups garous ? C'est du délire…
  • Au contraire, c'est logique.
  • Ah oui, tu trouves toi, ben vas-y éclaire-moi !
  • Une météorite s'est écrasée à Flagstaff. Le gouvernement fait des recherches, mais tu as parlé de Bacchus. Un gars qui fait son apparition quelques temps après. Ce que je crois, c'est que ce gars est lié à l'enfant. Le gouvernement a fait quelque chose à ce Bacchus et l'enfant a quelque chose à voir avec.
  • Tu parles de manipulations comme des clones, murmura le Rat.
  • Peut-être et avec l'aide de la météorite…
  • Ça peut faire un cocktail explosif.
  • D'où les fédéraux.
  • Je comprends maintenant pourquoi ils ont été si nombreux à nous courir après. Al était avec eux ? C'est eux qui lui ont fait ça ?
  • J'en sais rien, peut-être les extraterrestres. J'avoue qu'il me manque encore quelques pièces du puzzle, mais ce qui est sûr, c'est que ce Bacchus est le maillon manquant. Il faut le retrouver.
  • Il est dehors, dit l'enfant, une fois de plus à la surprise générale.
  • Bacchus, demanda S ?
  • Oui, il est sorti de sa prison et je dois le voir.
  • Une idée où il est ?
  • Il faut continuer tout droit, toujours tout droit.
  • Petit, dit le Rat légèrement agacé, la prochaine fois que tu as une info déterminante pour la poursuite de cette formidable aventure, tu serais bien avisé de la partager un peu plus tôt. Parce que les promenades en pick up, les souterrains et les tentatives de meurtre, perso, ça m'amuse pas des masses. Non mais c'est vrai à la fin. Il dit toujours tout à la dernière minute avec un ton genre « ah au fait les gars, j'ai oublié de vous dire ». Non, mais franchement, vous trouvez pas ça pénible, vous ?

Il ne compta plus après la vingt-troisième voiture détruite. Tous ces agents fédéraux, ces arrivistes, ces pseudo machines à tuer ne pouvaient rien contre lui. Ils avaient beau le voir à l'œuvre, ils fonçaient sans arrêt sur lui. Qu'importe, il avait tout son temps lui. Il savourait cela en fait. Tant d'années à attendre cette libération qu'il en savourait chaque instant, chaque minute, chaque explosion, chaque victime. Il n'avait personnellement aucun grief contre ces fonctionnaires stupides, mais il fallait bien qu'il avance, qu'il quitte cette ville, Kansas City. De toute façon, il avait déjà réglé certains comptes. Pryor avait eu ce qu'il méritait, même si ça avait été un peu trop court, mais c'était une bonne chose de faite. Il ne lui restait plus qu'à retrouver le Malin comme il se faisait appeler. Ce salopard qui l'avait trahi et donné aux humains. Il avait besoin d'asseoir son autorité et comme Bacchus le lui refusait, il se débarrassa de lui. Faut dire que son passif était en plus très chargé et que ses vies antérieures avaient bouffé tout son crédit auprès des autorités maléfiques. Il n'empêche que ce Malin n'avait pas le droit de lui faire un coup pareil. C'était contre la loi immortelle. Et tel un shérif en mission, Bacchus comptait bien punir celui qui l'avait enfreinte.
Tout en éliminant ceux qui se dressaient sur son chemin à pied ou à bord de divers véhicules plus ou moins armés, Bacchus réfléchit aux différentes manières qui s'offraient à lui pour se venger. Pryor était un humain et son châtiment n'avait pu être, pour des raisons biologiques évidentes, que de courte durée. Pour le Malin, il aurait beaucoup plus de temps. Les possibilités étaient donc énormes. Un univers de tortures et d'humiliation s'ouvrait à son esprit. Et Bacchus avait toujours eu beaucoup d'imagination dans ce domaine. Ce n'était pas pour rien qu'il s'était occupé pendant des années au basses œuvres du Mal. Chassant et tuant des milliers de proies pour quel remerciement ? Des années à être drogué ! Belle récompense !
À travers le bruit des balles, des cris et des explosions, Bacchus réussit à entendre de curieux sons. Il prit le temps de l'écouter. Ce n'était pas une nouvelle arme humaine dérisoire. Ce son, ce vrombissement lui était inconnu. Les humains cessèrent de s'occuper de lui et s'enfuirent. Le bruit fut de plus en plus sourd. Les rues de Kansas City se vidèrent en quelques secondes laissant un spectacle de voitures calcinées et de routes cassées. Bacchus leva les yeux vers le ciel et il entendit une voix très calme lui murmurer « Messayah ».




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mercredi 9 octobre 2013 - Webmestre : Sylvie Blas