Cycle 3

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Chapitre onze : The Western Meeting


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Une fois n'était pas coutume, ce fut lui qui arriva en second. El Maligno sembla ne pas le remarquer. Il restait là, imperturbable, plongé dans ses pensées. Ce que Dieu ignorait, c'est qu'il réfléchissait en fait au moyen de lui exploser la figure, de lui démembrer son corps. El Maligno respira profondément afin de gommer au plus possible son accent pour se faire comprendre le mieux possible.
  • Ché quoi chette merda, dit-il tout bas ?
  • Hum, je vois que tu es courant de la situation.
  • Quesch que tou croyais, parvint-il à prononcer sans y rajouter un gros mot.
  • Ca tombe bien qu'on se voit, ça va nous permettre de mettre au point une stratégie commune car, tu en conviendras comme moi, il est temps d'agir. Les humains vont probablement y passer si…
  • Mais bon chang ! On avait convenou d'un plan et…
  • Et quoi sinistre merde ? Tu croyais peut-être que j'allais rester les bras croisés après tout ce que tu as fait ?
  • Fait ? Mais bordel qui a commenché chale fils de puta ? T'as fait exprès de faire touer ton sale prêtre !
  • Quoi ?
  • Oui, ton père Grégoire. Tou l'as laiché che faire touer pour que le gamin récoupère ché pouvoirs ! Tou croiyais que yavais rien vou, ben tou as tout faux. Yai tout vou ! Chétais un coup monté et maintenant que le gamin a des pouvoirs divins tou comptes l'outiliser contre moi, mais yé pas dit mon dernier mot.
  • Oh bon sang, s'écria Dieu ayant compris le malentendu. Mais tu te trompes ! Je n'avais pas prévu que le gamin se débarrasse de Grégoire.
  • Bien chur, prends-moi pour un con ! Ch'te dirais rien !
  • Mais bon sang, je te dis que Grégoire devait le ramener ! S'il a échoué, ce n'est pas sa faute encore moins la mienne. Ce n'était pas prévu… mais ta petite surprise avec le copain de S non plus n'était pas prévue… alors question surprise, tu n'as pas à me donner de leçons.
  • Evidemment qué ye prends des garanties. Boscher avec toi, ché pas chans risques. La preuve ! Ton prêtre a complètement merdé.
  • Parce que le tien a réussi peut-être.
Un partout la balle au centre, pensèrent-ils. A trop se méfier l'un de l'autre, leur plan s'était retourné contre eux. L'enfant avait atteint son potentiel maximum quant à S, il avait réussi à empêcher son ancien ami de les tuer. Et pour couronner le tout, les aliens avaient commencé à envahir la Terre. Catastrophes naturelles, déplacements de populations. Les soucoupes volantes avaient pénétré l'espace aérien et c'était une question d'heures avant que tout se termine dans un bain de sang. Un profond sentiment d'abattement s'empara des deux divinités.
  • On peut touyours attraper Bacchus et…
  • Oh, s'il te plait, laisse ce minable où il est. C'était déjà pas très malin de le libérer alors le renvoyer contre les aliens… Et puis même, il va faire quoi ? A lui tout seul, il n'ira pas très loin…
  • Bon ben alors, balanchons le gamin ! Cha changera quoi ?
  • Le plan, je te le rappelle pour la énième fois, c'était de le ramener à New City 4 car c'est là que les aliens vont organiser leur invasion. C'est là que va se trouver leur centre de contrôle. Maintenant, il est trop tard. Ils sont sans doute déjà à New City 4 et le gamin n'y sera jamais à temps.
  • Yé, alors, quesch qu'on peut faire alors ?
  • J'ai une idée, mais tu pourrais mal le prendre…

Installé derrière son ordinateur, le Maître observait les écrans de télévisions. Les chaînes d'informations continues diffusaient, sans rien y comprendre, des images de catastrophes naturelles en direct. Séismes en série au Japon, près de l'Himalaya, en Turquie ; inondations en Chine et en Europe ; tempêtes dans les zones tropicales. Des millions de personnes criaient leur désarroi et leur désespoir devant les caméras, mais on ne pouvait rien y faire. Le Maître regardait, en même temps, sur un autre écran, l'arrivée des soucoupes extraterrestres. D'ici quelques heures, les premiers satellites allaient exploser. Les réseaux informatiques du monde entier allaient s'éteindre les uns après les autres plongeant les hommes dans le silence médiatique le plus assourdissant. Puis les pannes d'électricité se multiplieraient, puis ce serait l'attaque ultime. Les ombres déjà présentes sur le sol terrestre se montraient déjà en plein jour attaquant les populations. Les armées nationales pouvaient encore les contenir, mais plus pour très longtemps.
Se tenant debout, à quelques mètres, Petersen ne montrait aucun signe d'inquiétude. Il ne posait aucune question. Il était juste là, à attendre, tel un bon chien, les nouveaux ordres de son nouveau maître. Il n'était plus en possession de son corps, ni de son esprit. Du moins, ce dernier se trouvait désormais enfoui si profondément que nul ne pouvait l'en extraire. Il n'était pas non plus un zombie, non, il était seulement différent. Plus docile et plus fort en même temps. Débarrassé de toutes les émotions et hésitations propres à l'espèce humaine.
  • Tu vois, mon ami, dit le Maître tout à fait conscient que son interlocuteur ne pouvait pas réagir, malgré tout ce que tu vois, je reste persuadé qu'il y a encore un espoir. Certes, c'est peu probable. Mais, tout n'est pas encore complètement joué. Je sais qu'elle est quelque part. Et quand elle se réveillera à nouveau, tu seras là pour l'accueillir.

On se serait cru à bord d'une formule un déchirant la route. S roulait plein pot en direction de Kansas City. La radio de la Vectra ne diffusait que des flashs spéciaux annonçant la fin du monde et ce sur toutes les stations.
  • C'est pas très bon ça, dit le Rat inquiet.
S coupa le son, c'était trop décourageant.
  • A mon avis…
  • Je sais, coupa S, je sais très bien ce que tu penses. Mais on a encore une chance. Tant que ces fichus aliens ne seront pas devant moi, je continuerais. On doit trouver ce Bacchus. Il pourra nous expliquer.
  • Et après ? Une fois qu'on le saura, les aliens nous détruiront ! Tu parles d'un truc ! On est vachement avancé ! C'est la fin du monde et Mônsieur S veut savoir ! Mais bon sang, ouvre les yeux ! C'est fini ! Tout ça ne sert à rien ! On est au milieu d'un truc qu'on ne comprendra jamais et pis c'est tout…
Le Rat n'avait pas complètement tort. Même s'ils parvenaient jusqu'à la base où se trouvait Bacchus, ils n'auraient jamais le temps. Les aliens se rapprochaient dangereusement. Sans le vouloir, il relâcha la pression sur l'accélérateur. C'était peut-être la fin.
  • S ! Il va pas bien !
S et le Rat se retournèrent. L'enfant, replié dans les bras de Fred, se tenait la tête et gémissait. Il était pris de vertiges et n'arrivait pas à leur expliquer ce qu'il avait. S stoppa la voiture. Le Rat et lui sortirent du véhicule pour faire prendre l'air au garçon. Mais cela ne semblait pas faire d'effet. Désemparé, ne sachant plus quoi penser, le Rat, déchiré entre résignation et tristesse, regarda quelques instants au loin. Et alors qu'il croyait avoir atteint le point de non-retour, il se dit que le pire n'était peut-être pas encore venu.
  • S, tu devrais venir voir !
Le chasseur de primes quitta avec agacement l'enfant et Fred qui était toujours au chevet du garçon. Que pouvait bien vouloir le Rat ? C'était pas vraiment le moment de nous la jouer fin du monde.
  • C'est quoi ces machins là-bas ?
S sortit de sa veste des jumelles miniatures et fixa le point indiqué par l'ingénieur au loin dans le désert. Il reconnut les formes sombres et agitées.
  • C'est les feds ?
  • Non, c'est pire que ça. Fred ! Prends des armes et des munitions ! On a de la compagnie.
  • Je suppose que je dois aussi me battre. Je peux pas rester dans la voiture avec le petit, histoire de voir la mort arriver calmement.
  • À ton avis ?
  • Non, mais, c'était juste une question. C'est pas grave, après tout, c'est de ma mort dont on parle, un sujet sans réel intérêt…
Les trois hommes prirent des armes qui étaient dans le coffre de la Vectra. Fred prit les plus gros calibres, fusils à pompe et munitions qui vont avec. S et le Rat, eux, se limitèrent aux armes légères. L'ingénieur fit encore quelques remarques stupides sur le sens de la vie et la futilité des combats, mais elles n'eurent aucun effet. Même pas un léger agacement auprès de S. Ce dernier, persuadé de livrer son dernier combat, était plus que motivé. Il retrouvait des sensations passées. Celles de sa carrière de soldat. Tirer pour tuer. Pas de prisonnier. Des ordres simples pour des missions claires. Le monde d'alors était plus facile, même si, et il l'apprit bien plus tard, tout cela n'avait été que des mensonges.
Ils placèrent l'enfant dans la Vectra et se mirent devant celle-ci, face à la multitude d'ombres qui s'avançaient vers eux. S dit à Fred de s'apprêter à tirer en premier. Celui-ci obéit lorsqu'une explosion dans le camp alien retentit.
  • C'est pas moi, dit immédiatement Fred !
S, désarçonné, reprit ses jumelles et observa la scène. Un tireur inconnu, probablement à leur gauche, avait osé s'en prendre aux ombres. Celles-ci se dirigèrent dans sa direction bien décidé à se débarrasser du gêneur. S, après quelques hésitations, le trouva. C'était un homme plutôt grand, vêtu d'un grand imperméable noir et armé d'un fusil. S, en habitué des combats, vit un combattant prêt à se battre, un homme déterminé et redoutable. Son visage montrait une certaine satisfaction. Comme s'il était heureux de se tirer.
  • Mais c'est qui ce gars-là ?
  • Bacchus, murmura l'enfant, sans être entendu.
L'ancien prisonnier qui avait passé un certain temps avec les humains venait de s'échapper d'un engin extraterrestre. « J'ai pas attendu si longtemps pour me laisser enfermer par des aliens à la con ! » Aussi, toujours armé et déterminé à rester libre, Bacchus avait repris le chemin sans vraiment savoir où aller. Il aurait bien aimé être tranquille, mais la vue de ces ombres au loin devant lui, lui avait redonné l'envie de la poudre. Il tirait à vue, mais chaque coup allait droit au but. Les armes humaines, sans vraiment tuer les extraterrestres, pouvaient néanmoins leur faire mal, et il aimait ça, faire mal.
Aucune ombre ne pouvait s'approcher de lui. Il en dégomma des dizaines sans le moindre effort, c'était presque trop facile. Au bout de quelques minutes, ses ennemis, probablement dans un dernier soupçon de réalisme, préférèrent abandonner et cesser les hostilités. La bataille finale pouvait encore attendre. Les humains étaient, de toute manière, condamnés. Bacchus sourit, il aurait bien aimé poursuivre ce petit entraînement, mais il était attendu. Du moins, il avait une petite visite sur le feu. Il s'approcha de la Vectra, son fusil collé à sa jambe droite prêt à utilisation.
  • Coucou mon ange ! Comment vas-tu ?
  • Posez votre arme, dit S.
  • Ouh, je vois que tu as ramené la cavalerie. Et c'est avec ça que tu comptes sauver le monde ?
  • Tu pourrais nous aider, dit l'enfant qui se tenait désormais aux côtés de S.
  • Oui, tout comme je pourrais exploser ta sale gueule et éparpiller les cendres de tes copains aux quatre coins du globe. Tu sais que je pourrais le faire. Tu sais que j'en suis capable. Je peux aussi rentrer à tout moment dans ta tête et de foutre une telle migraine que t'aura envie de mourir. Au fait chasseur, comment va ta mère ? Toujours ses coups de soleil ?
S se retint de lui tirer en pleine tête.
  • Quoi, il t'a pas dit ton copain le hobbit ce qui s'était passé chez ta petite môman. Ils m'ont obligé à le rendre dingue. Mais ce que tu sais pas, c'est que moi aussi ça m'a rendu dingue toutes ces conneries, toutes ces expériences !
  • Écoutez monsieur… Bacchus… on pourrait peut-être, balbutia le Rat, enfin, je sais que vous avez été…
  • Ecoute binoclard, tu sais que dalle ! J'ai été enfermé, drogué, humilié pendant des années. Alors maintenant que je suis dehors, vos histoires d'extraterrestres et de fin du monde, JE M'EN TAPE ! Mais, franchement petit, si tu veux mon avis, ça n'en vaut vraiment pas la peine. Tu crois peut-être qu'ils vont te remercier après. Les humains détestent les héros. Et ils te détesteront. N'est-ce pas chasseur qu'ils détestent les héros, dit-il à S dans un sourire. Ils vous feront disparaître comme tous les héros. Alors allez-y, sauvez le monde, mais ne comptez pas sur lui pour vous sauver après ! Sur ce !
Bacchus reprit la direction du désert et les salua d'un geste théâtral.
  • Quelqu'un a compris au fait, parce que moi…
  • Méchant monsieur, dit Fred.
  • Et je suppose qu'on ne va plus à Kansas City ?
  • C'est inutile, répondit sèchement S. Tout a déjà commencé.
  • Alors c'est fini, on arrête les frais. On regarde les aliens nous envahir ?
  • Tu l'as dit toi-même… À quoi bon. Nous ne sommes que quatre, en plein milieu du désert américain et sans la moindre idée de ce qu'on peut faire. Je croyais que ce Bacchus nous aiderait, mais apparemment non.
S s'assit sur le capot de sa voiture. Une immense lassitude s'empara de lui. Il savait à présent pour sa mère. L'enfant, pure création génétique, avait, certes, des pouvoirs, mais même avec la plus grande de toutes les chances, jamais à eux quatre, ils pourraient faire basculer la balance contre les extraterrestres. Le Rat se mit à ses côtés. Curieusement, il n'éprouvait pas de satisfaction à voir son ami partager ses angoisses. Il préférait le S combattif au S abasourdi. Alors qu'il s'apprêtait à essayer de le faire changer d'attitude, un énorme vrombissement s'éleva au-dessus de leurs têtes. Un vent fort se leva, provoquant un soulèvement important de sable.
  • Le ciel nous tombe sur la tête, dit Fred terrorisé.
  • Non pas le ciel, c'est eux, dit l'enfant.
  • Perdent pas de temps ! On n'a qu'à leur dire par où est parti Bacchus…
S sourit malgré lui.
  • Des suggestions, demanda-t-il sans attendre réellement une réponse, pourtant le garçon en fit une ?
  • Laissez-moi faire.

Fin du cycle 3





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mercredi 9 octobre 2013 - Webmestre : Sylvie Blas