Cycle 3

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Chapitre six : Le pourquoi du comment 


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  • Alors, ça donne quoi ?
  • Deux secondes !
  • Je te signale que ça fait un bon moment que tu dis ça.
  • Je sais, mais au cas où tu ne l'aurais pas encore compris, c'est une vieille bécane. Elle fait ce qu'elle peut.
  • Euh S, tu devrais venir voir ça.
  • C'est ça, va rejoindre ton copain, ça me fera des vacances.
S menaça le Rat du regard, mais celui-ci était trop plongé derrière l'écran de son ordinateur portable pour le remarquer. Aussi, au lieu de rester là à attendre que son ami informaticien lui rende son regard, S mit de côté son autorité bien masculine pour retrouver Al. Celui-ci, après avoir apporté le matériel au Rat, avait fait une petite visite de l'ensemble du complexe avec Fred.
  • J'ai découvert un truc, faut que tu viennes.
  • C'est quoi ? Pourquoi tu joues ainsi, accouche !
  • Les murs ont des oreilles, répondit Al en regardant l'enfant qui se trouvait à leurs côtés.
  • OK, conduis-moi.
  • C'est par là, euh Fred, restes avec eux tu veux.
Les deux anciens militaires des forces spéciales gouvernementales quittèrent la pièce et prirent un escalier qui permettait de rejoindre le labyrinthe des laboratoires. Al semblait hésiter pour retrouver son chemin, mais après quelques mouvements de va-et-vient, il redevint confiant. Les années à traquer, à tuer et à ne jamais regarder en arrière avait laissé de beaux restes en lui. Du temps de sa jeunesse, Al en avait cherché des routes à travers la jungle amazonienne pour trouver des campements ennemis. Grâce à lui, S avait pu en tuer des narco-traficants, des soldats rebelles de diverses factions. D'ailleurs leur petite traversée à deux avait un petit goût de déjà-vu pour le chasseur de primes. À suivre comme ça Al, il avait l'impression de revenir près de vingt ans en arrière. Avec, pour seule consolation, ne pas être attendu par une horde d'ennemis prêts à faire feu.
Au bout de quelques minutes à longer les corridors, ils arrivèrent là où Al le souhaitait. Un bureau de plusieurs dizaines de mètres carrés, vaste, des chaises, des plans sur les murs, des équations indéchiffrables et surtout des bocaux dont le contenu secoua l'estomac de S.
  • Qu'est-ce que c'est que cette merde ?
  • J'en ai pas la moindre idée. C'était comme ça quand je l'ai trouvé. Ce serait pas des ombres comme tu m'as raconté ?
  • Si, peut-être, j'en sais rien. On dirait que c'est ça, mais en plus petit.
  • Eh ! Doucement, t'approche pas ! C'est peut-être dangereux…
S avança vers le bureau où reposaient les bocaux. Les petites ombres baignaient dans le formol. Elles devaient mesurer à peine vingt centimètres de haut. Bien loin de celles qu'ils avaient vues à New City 4. Non, celles-ci étaient toutes petites comme des bébés. S se pencha pour en observer une. Elle était inerte, morte probablement. Tout cela confirmait sa théorie. Des scientifiques travaillant pour le gouvernement avaient travaillé ici sur des organismes extraterrestres. Mais pour en faire quoi ? Des expériences génétiques ? Et quel lien avec l'enfant ? Tout était lié, mais il lui manquait toujours ce satané fil conducteur qui lui permettrait de tout relier. Soudain, il eut une idée.
  • Eh ? Tu fais quoi là ?
  • Ben, tu vois pas ? Je l'ouvre.
  • Mais t'es sûr de toi ?
  • Mais oui, de toute façon, c'est mort, je veux juste jeter un œil et voir à quoi ça ressemble.
  • Ah parce que tu t'y connais en autopsie martienne maintenant ?
S sourit. Il prit un des bocaux et essaya de l'ouvrir. Celui-ci résista. Le poids des années l'avait rendu inviolable tel un coffre-fort. Au bout de plusieurs tentatives infructueuses, S opta pour une solution plus radicale. Il le jeta par terre. Le bocal explosa au sol, répandant le formol partout, y compris sur ses chaussures. L'ombre ressemblait à une étoile de mer toute noire. S se pencha et après l'avoir observée, il tâta de son index la chose. Al ne put s'empêcher d'afficher son dégoût. S, lui, restait imperturbable. La peau de l'ombre avait, au toucher, un aspect caoutchouteux, comme une combinaison aquatique. Mais, plongé dans ses pensées, S ne vit pas que la chose bougeait.
  • T'as vu ?
  • Quoi Al ?
  • Elle a bougé !
  • Mais non !
  • Mais je t'assure, cette saloperie a frétillé.
  • Je vois rien pourtant…
Et pourtant, c'était vrai. L'extraterrestre avait effectivement frétillé et se remit à le faire quelques secondes plus tard. Cette fois-ci, S s'en aperçut et recula. Une fois debout, il vit l'étoile noire s'agiter de plus en plus et de plus en plus vite.
  • Bon sang, c'est vivant ! Fichons le camp, cria Al !
L'ancien soldat s'en alla, mais S resta pour observer la scène. Plus rien ne lui faisait peur à présent. Tellement obsédé par son désir de vengeance, il en oubliait de prendre les plus simples précautions. Il voulait comprendre et, au fond de lui, il était persuadé que cette chose avait une partie de la réponse. Au pire, si elle s'en prenait à lui, il avait largement le temps de lui tirer dessus. Après avoir frétillé pendant quelques instants, la bête s'envola dans la pièce et virevolta dans les airs, à droite et à gauche sans vraiment prendre de direction. Al criait à S de la descendre, mais ce dernier ne bougeait pas. Il contemplait l'hésitant ballet en attendant la chute probable du danseur. L'étoile prit finalement un peu d'élan et alla se fixer sur un des fils électriques qui pendait au plafond où devaient être accrochées des lampes. À peine fut-elle agrippée qu'une décharge électrique se produisit.
Installé derrière son ordinateur, le Rat eut un mouvement de recul. L'écran de son PC se mit à clignoter et à prendre toutes les couleurs. L'ingénieur ne comprenait rien, mais le plus inquiétant était l'enfant. Il se tenait la tête et gémissait. Il était pris soudainement de douleurs insupportables. Fred, totalement dévoué au garçon, sortit de la pièce et se dirigea vers l'étoile. Il avait compris que l'animal extraterrestre était la cause de toute cette pagaille. Il dégaina son arme tout en se dirigeant vers l'endroit où se trouvait l'étoile et lorsqu'il eut celle-ci en ligne de mire il fit feu sur elle. Aussitôt, elle retomba au sol, définitivement morte.
  • T'as rien Fred, demanda Al ?
  • Non, elle faisait mal à l'enfant. Fallait détruire étoile.
  • Tu vois, je t'avais bien dit de la laisser S !
  • Oui, bon ça va, c'est fini maintenant ok ?
  • Venez vite, cria le Rat !
Les trois hommes se retournèrent et prirent immédiatement la direction du poste de contrôle. Ils montèrent l'escalier quatre à quatre. Une fois de retour, l'enfant qui allait mieux, se tenait à côté du Rat qui était affolé.
  • Je sais pas ce qui se passe. Y a eu le court-jus et maintenant ça. J'y comprends plus rien. On dirait que j'ai téléchargé toute une base de données, mais c'est impossible…
  • Pourquoi, demanda S ?
  • Ben, tout avait disparu. Ils avaient tout effacé et c'est à peine si j'avais réussi à trouver quelques lignes de codes dans ce qui restait de leur serveur. Mais ça, c'est énorme.
En effet, sur l'écran défilaient des centaines de lignes de code complètement intraduisibles en langage humain. L'ordinateur était tout simplement en train de télécharger la base de données du complexe de laboratoires. Le Rat s'approcha et tenta de déchiffrer au hasard de quelques lignes des indications sur le contenu des logiciels.
  • Alors, ça parle d'opérations génétiques, de décodage d'informations…
  • Et alors ?
  • Hé, je fais ce que je peux, t'as vu à quelle vitesse ça défile ! Je continue. Je vois des mises en cultures de cellules. Des mélanges avec des cellules animales, végétales… C'est en fait la base de données des opérations qu'ils ont faites ici avec ces organismes extraterrestres. Ils les ont mélangées avec plein de trucs afin de voir où cela les menait.
  • Et c'est quoi le rapport avec nous, demanda Al ?
  • J'en sais rien, répondit le Rat. Attendez ! Ça s'est bloqué. C'est écrit « Dossier Bacchus ». Merde, c'est donc vrai cette histoire ?
  • Quelle histoire, demanda Al ?
  • Une histoire qui date d'une quinzaine d'années environ. D'après des vidéos amateurs qui ont circulé sur le réseau, un mec avec des super pouvoirs aurait été vu à New City 4. Évidemment, il aurait été arrêté par les fédéraux, mais ces derniers ont toujours nié et ont fait croire à un canular comme les photos de soucoupes ou les ombres.
  • Et où est Bacchus maintenant ?
  • Attends, d'après ce dossier, il serait à Kansas City.
  • Eh beh !
  • Quoi ? J'ai encore dit une connerie ?



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mercredi 9 octobre 2013 - Webmestre : Sylvie Blas