Cycle 3

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Chapitre sept : Pas content 


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Ils arrivèrent directement dans la cellule grâce à la téléportation. Ils reconnurent celui qu'ils devaient emmener. Attaché à une chaise banale. Relié au sol par un câble directement fixé à l'arrière de son crâne. Il n'était plus qu'une loque. Il pesait une soixantaine de kilos tout au plus alors que jadis il était un grand et robuste gaillard. Il ne portait que des morceaux de vêtements tel un vulgaire clochard. Et pourtant, il en avait éliminé des ennemis, il avait aussi mis une sacrée pagaille dans les Enfers, mais apparemment c'était de l'histoire ancienne. Il n'était plus que l'ombre de lui-même et encore, beaucoup moins que ça.
  • Et ils vont en faire quoi ?
  • C'est pas mon problème, on m'a dit « Cerbère, tu vas sur Terre et tu le ramènes » alors j'obéis.
  • Ok, mais t'as vu à quoi il ressemble, on dirait un zombie. Il va nous péter entre les doigts si on le porte et après ils vont encore dire que c'est de notre faute.
  • Ecoute Dante, tu commences pas ! Ca me gonfle déjà assez comme ça de devoir faire ça alors la ferme !

Installé derrière son ordinateur de surveillance le jeune Patrick Mac Pherson, qui était sur ce poste depuis peu, ne remarqua pas immédiatement le signal d'alarme. Faut reconnaître qu'à sa décharge, il ne se passait jamais rien. Muté au plus ennuyeux des secteurs, celui des réanimations, il avait en plus hérité de la surveillance d'une seule cellule. Depuis son arrivée, personne n'était venu voir le prisonnier hormis Richard Pryor une seule fois. Pourtant le signal clignotait. Comme l'avertissement visuel était sans résultat, l'ordinateur passa en mode auditif et émit des bips. Mac Pherson sursauta et vérifia le moniteur. Les infrarouges ne donnaient aucun signe, par contre les ondes vocales répondaient positives. Quelqu'un parlait dans la cellule et ce n'était pas le prisonnier. Sans chercher à comprendre, le surveillant sonna l'alarme. Ses ordres avaient été clairs « A la moindre alerte, même la plus petite, vous déclenchez l'alarme générale » et la voix directive de Pryor plutôt persuasive. En quelques secondes, des militaires munis de combinaisons spéciales descendirent en direction de la cellule avec comme directive de tirer et de tuer. Pas de prisonniers, pas de discussions, rien hormis le feu. Cette cellule avait, par le passé, causé la mort de beaucoup d'entre eux, alors c'était inutile de prendre des précautions d'autant plus que son locataire ne leur était plus d'aucune utilité maintenant.
  • On le dégage comment ?
  • M'en fous, on m'a pas donné de manuel.
  • Quoi, tu comptes tirer sur le câble ?
  • T'as une meilleure idée ?
  • Non, mais s'il y reste, tu sais ce qu'on va dire en bas…
  • C'est pas mon problème. On m'a dit tu le ramènes, alors je le ramène. Suis pas le SAMU.
  • Euh, c'est moi, où des humains seraient pas en train de venir ?
  • Chouette, un peu d'amusement… Tu me les laisses surtout, toi, occupe-toi du câble.
Les soldats entrèrent sans sommation et reçurent comme salutation une pluie de balles tirées par le fusil de Cerbère. Celui-ci prit un malin plaisir à tirer sur les jeunes hommes. Ils avaient beau porter les tenues de combat les plus résistantes jamais conçues par l'armée américaine, ils étaient complètement sans défense face à leur ennemi qui, pourtant, n'avait aucune protection particulière. Pendant ce déchaînement de bruit et d'explosions, Dante, de son côté, enleva délicatement le câble du crâne du prisonnier. L'aiguille, enfoncée à l'intérieur, quitta le corps du détenu. Et pour la première fois depuis des années celui-ci put respirer par ses propres moyens sans avoir à subir une injection de supramorphine. Sa respiration se fit de plus en plus profonde. Il s'agrippa au bras de Dante. Son organisme lutta pendant quelques secondes pour éliminer les dernières traces des produits toxiques de Pryor, puis ce fut la libération, plus que ça, une renaissance. Il se leva, à la grande stupéfaction de Dante qui tenta, en vain de prévenir son ami, puis fit deux pas pour s'éloigner de la chaise sur laquelle il avait passé trop de temps ligoté et impuissant.
Tout son corps se transforma. Ses cheveux repoussèrent. Ses muscles reprirent leurs formes d'origines. Il retrouva en quelques secondes toutes ses forces, même bien plus. Toute son âme se réveilla. D'amorphe, il passa au réveil puis à la rage, la haine à l'état pur. Tout son sang été en ébullition. Il cria et son cri résonna y compris dans les entrailles de Richard Pryor qui comprit immédiatement ce qu'il se passait et ce qui l'attendait.
Bacchus, car c'était bien son nom, il s'en souvenait encore, projeta Dante contre un des murs. Il alla s'encastrer dans celui-ci et perdit connaissance. Puis Bacchus fit la même chose pour Cerbère qui n'eut pas le temps de comprendre ce qui lui arrivait avant d'avoir sa nuque brisée. Les humains s'arrêtèrent de faire feu. Ils observèrent, totalement tétanisés, la scène. Ils virent Bacchus prendre l'arme de Cerbère et la retourner contre eux, mais leurs cerveaux étaient incapables de prendre une décision, tout au plus celle de fuir. Bacchus fit feu à de nombreuses reprises visant la tête à chacun de ses coups. Ce n'était pas sur eux qu'il avait l'intention d'épancher sa soif de vengeance. Son objectif était clair, retrouver ce brave Richard Pryor et le tuer lentement. Il avait imaginé les pires supplices au monde pendant sa captivité allant de la chaîne infernale au charcutage à la tronçonneuse. C'était la seule chose qui lui avait permis de tenir. Se venger. Et une fois que ce serait fait, quitter cette saleté de prison et mettre la main sur l'infâme fils de pute à l'accent espagnol pitoyable qui l'avait envoyé dans cette merde. Et pour celui-là, un traitement spécial lui serait réservé. Le découpage en pièces, lentement, progressivement, et au final, une autopsie maison sans anesthésie. Un vrai festival de douleur. Mais pour l'instant, Bacchus devait se frayer un chemin entre les militaires qui lui barraient la route. Quelle perte de temps et d'énergie. À chacun de ses coups répondait une pluie de balles. Bien sûr, il aurait pu leur exploser le cœur par la pensée mais ce déchaînement de violences lui regonflait le moral. Tuer sans la moindre hésitation, par pur plaisir, presque par jeu, comme au bon vieux temps. Mieux que ça, désormais il n'agirait que par pur plaisir, pour le fun, pour enfin vivre. Finies les missions boiteuses et politiques, fini le combat entre le Bien et le Mal, fini les anges et les démons. Il en avait fini avec tout ça. Il reprenait sa liberté pour de bon. Plus qu'un ou deux réglements de compte et tour était joué. Le monde lui appartenait et pour fêter ce mémorable événement, rien de tel qu'un feu d'aritifices de balles et de sang ma petite dame !
Lentement mais sûrement, Bacchus remonta les étages qui le séparaient de Pryor. Les soldats avaient beau sortir de plus gros fusils et crier toutes les insultes du dictionnaire de l'US Army, rien n'y faisait, l'évadé avançait constamment, avec jubilation. Les pertes se comptaient désormais en dizaines et l'on avait prévenu le Maître. C'était plus qu'une question de minutes avant que l'ordre d'évacuer ne soit donné et que le complexe ne s'autodétruise. Bacchus n'ignorait pas cela et accéléra le pas. « Tu ne quitteras pas ce putain de monde sans avoir réclamé ta mère Pryor, tu peux me croire » se dit l'évadé pour se motiver davantage.
Les étages se succédèrent ainsi de plus en plus vite pour au final aboutir à l'étage des chefs, là où les bureaucrates se cachent derrière leurs grades et leurs certitudes. Curieusement, il n'y avait pas le moindre soldat désigné volontaire pour se sacrifier pour le chef. Pitoyable comme tout le reste, estima Bacchus. Une des portes de l'étage s'ouvrit et Pryor avança vers son bourreau certain de l'issue, tel un condamné qui s'approche de la guillotine. Bacchus souriait. Il calma ses pulsions colériques pour ne pas se précipiter sur son tortionnaire et le massacrer avec ses dents.
  • Tu sais ce qui me faisait le plus mal Pryor ?
  • Quoi, chuchota le déjà-mort ?
  • Ta misérable voix.
À peine la phrase prononcée, Bacchus plongea sa main droite dans la bouche de Pryor et il enfonça sa langue au fond de sa gorge. L'ingénieur se mit à genoux se tenant cette dernière de ses deux mains. Dans quelques secondes, Pryor allait mourir étouffé, Bacchus aurait pu s'en aller, mais ce n'était pas assez. Il releva de force Pryor et alla chercher une autre partie du corps de celui-ci beaucoup plus intime. Il tira violemment sur l'entre-deux jambes. Pryor ne put même par hurler sa douleur car sa gorge était déjà obstruée. Et pour finir en apothéose, Bacchus réussit à enfoncer le sexe de Pryor dans le peu de place qui restait dans la bouche de son propriétaire.
  • Je m'en contenterais, finit par dire Bacchus, avant de jeter au sol l'ingénieur qui mourut quelques instants après.
L'ancien employé démoniaque quitta les lieux rapidement, en éliminant les rares ingénieurs ou militaires qui traînaient encore dans le bâtiment. Il en profita pour emporter un maximum d'armes et de munitions car un autre combat plus important l'attendait et il allait avoir d'une puissance de feu suffisante pour éliminer l'univers d'une des plus grandes raclures encore en vie.

  • Et on fait quoi là, demanda Dante ? Tu veux lui courir après ? Non, parce que moi, ça ne me tente pas des masses.
  • T'as raison. Eh puis, ils nous avaient pas dit ce qu'on devait faire s'il ne se laissait pas faire.
  • Ouais, c'est bon ça. C'est ce qu'on dira.



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mercredi 9 octobre 2013 - Webmestre : Sylvie Blas