Cycle 4

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Chapitre un : Le devoir de vérité 


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Tout se regroupait. Non, il n'était pas fou. Il n'avait pas inventé toute cette dramatique histoire à dormir debout. D'ailleurs, les ombres étaient bien là, elles ! On ne pouvait plus lui dire « Désolé Skeet, mais t'as encore tout faux ! Au fait Paris Nilton est encore en cure de désintox, tu t'en occupes ! » Fini tout ça maintenant, finies les interviews truquées des membres du gouvernement, finies les courses-poursuites après les dernières stars du rock ultra défoncées à la coke. De toute façon, on ne parlait que des ombres. Fallait bien suivre le mouvement après tout. Seulement, là, il avait une longueur d'avance. Des années d'attente pour ça et c'étaient pas ses confrères vaniteux et sûrs de leurs conneries qui allaient le priver de sa réussite.
Son indic auprès des agences intergouvernementales lui avait déjà parlé des forces spéciales en préparation. Issues de la génétique, elles devaient servir de protection en cas de guerre contre les puissances sino-islamiques, du moins c'était ce que disait la pub. Car, et maintenant il en était sûr, c'était bien à une invasion extra-terrestre que le gouvernement se préparait depuis des années. Ces derniers avaient frappé très fort. Un vaisseau immense venait de franchir la stratosphère paralysant pas mal de réseaux de communication. Il avait d'ailleurs eu du mal à envoyer ses derniers articles sur le réseau. Et en guise de réplique, le gouvernement américain avait déclenché le couvre feu permanent et des unités nouvelle génération se postaient un peu partout près des sites stratégiques telles que les centrales nucléaires et les frontières. On ne sait jamais, le Mexique pourrait en profiter… Wall Street était fermée, mais les cotations virtuelles qui circulaient sur le Net affiché des pertes de l'ordre de 80 %. Bonjour la plus-value !
Pour l'instant on ne parlait pas encore de guerre ouverte, mais ça y ressemblait fort. Il y avait eu des escarmouches dans certaines grandes villes et le Net regorgeait à présent de petits films amateurs montrant des ombres terrifiantes en train de se promener aux quatre coins du globe. La guerre des mondes en vrai ! Mais tout ça c'était rien à côté du scandale ! Car tout ça était prévu, écrit quelque part dans un fichier gouvernemental. Tout ce plan était prévu de longue date. Depuis des lustres les plus hautes têtes pensantes de l'Etat américain flanchaient sur ce scénario catastrophe. Les unités nouvelles générations n'étant que la face visible de cette immense iceberg de mensonges et de duperies. On pouvait citer en vrac l'affaire Bacchus, ce demi-dieu présenté comme un illuminé mais qui avait fini par être arrêté sans le moindre procès. Les rares témoins de son arrestation avaient toujours nié, mais Skeet savait lui que cet homme n'était pas normal. Mais ce n'était pas tout. Plus récemment des évènements tragiques s'étaient déroulés à New City 4 et aussi à Dakota 5. Explosions, poursuites en voitures, morts par dizaines. Le disque dur de Skeet avait réussi à isoler un véhicule grâce à toutes les caméras de vidéo surveillance, celui d'un chasseur de primes, un certain S. Et ce même chasseur de primes avait été aussi aperçu dans l'immeuble qui avait explosé à New City 4. Le hasard n'existait pas.
Ce qu'il manquait encore à Skeet c'était l'élément clé, le lien entre toutes ces histoires. Certes, un contact chez les flics lui avait balancé un tuyau. Une liste de communications provenant d'Incorps, la société dont les locaux avaient explosé à New City 4, mais elle n'aboutissait nulle part et d'ailleurs son contact restait désespérément silencieux depuis ce dernier renseignement. À croire que lui aussi s'était fait prendre. Car, plus il avançait, plus Skeet sentait qu'il marchait sur des sables mouvants. Chaque information le faisant bifurquer. Passant de récits sur des extraterrestres à des histoires de savants fous et de manipulations génétiques. Puis c'était finalement une enquête policière qui tournait mal. Tout cela donnait du crédit à tous ses détracteurs qui se moquaient de ses théories plus ou moins fumeuses. Comment leur donner tort ? Comment convaincre d'autres quand sa propre histoire est aussi brumeuse ? Skeet en avait parfaitement conscience.
Pourtant, il avait un dernier atout dans sa manche. Une ultime chance de comprendre et de tout mettre en ordre. Du moins, il l'espérait. Ce matin, il avait reçu un mail d'un inconnu affirmant avoir des infos de premier plan. Il disait également avoir suffisamment d'informations pour faire péter pas mal d'agences intergouvernementales et mettre au chômage la plupart des bureaucrates de Washington. Skeet ne s'était pour autant pas affolé. Des mails de ce genre, il ne les comptait plus surtout depuis l'arrivée des aliens. Il les connaissait par cœur ces prétendus devins qui savent tout, mais qui en fait sont surtout prêts à tout pour grappiller quelques dollars en revendant des infos aussi fiables que celle de la résurrection d'Elvis au Pakistan.
Aussi, quand l'interphone sonna et qu'il entendit l'ascenseur s'arrêter au bout du couloir de son étage, il prit son pistolet. Toujours prendre les devants. Il n'avait pas le temps de jouer au plus fin. L'histoire avec un grand H était en train de s'écrire sous ses yeux et il ne voulait pas en perdre une miette. Au contraire, lui, c'était le plat principal qui l'intéressait. Il entendit des pas et grosse surprise, c'était des talons. Une femme ! Il est vrai que l'histoire de Skeet en manquait cruellement de femmes. D'ailleurs toute cette histoire n'en comportait aucune. Quelle désillusion à l'heure de l'égalité des sexes. L'erreur allait peut-être être réparée.
Il entrouvrit la porte de son appartement. Il demanda le mot de passe. Elle répondit d'une voix grave et très calme « Cosa nostra ». Ses deux mots avaient déclenché tout un processus hormonal dans le corps de Skeet. Jamais il n'avait entendu de voix si sensuelle et si déterminée. Il rangea dans son pantalon son arme. Son indic semblait sérieux, mais probablement capable de le tuer. Toujours prendre les devants et si possible très vite.
Elle entra. Elle n'était pas plus grande que lui et portait un imperméable sombre. Ses cheveux courts et noirs laissait filer des gouttes de pluie. Elle se faufila tel un serpent dans un coin sombre de la pièce. Si vite que Skeet resta quelques fractions de secondes devant sa porte avant de réaliser qu'elle n'était déjà plus face à lui. Pour sûr, elle était discrète et donc très dangereuse. Skeet déglutit. La testostérone céda sa place à de l'adrénaline. Son cœur apprécia modérément ce brutal passage. La cinquantaine bien entamée, Skeet, qui avait toujours eu un faible pour la boisson, réalisa qu'il risquait de payer la note plus vite que prévu. Feignant d'être sûr de lui, il se retourna et se jeta à l'eau.
  • Vous n'êtes pas très à l'heure.
  • C'est un peu embouteillé ces derniers temps.
  • J'espère que ça valait le coup d'attendre, dit Skeet qui regretta aussitôt cette phrase qui le plongea dans un abîme de peur.
  • Tenez.
Elle posa une photo sur une table et la fit glisser en direction de Skeet qui la ramassa délicatement.
  • Je le connais lui, c'est Jonathan Gambers, le directeur d'une agence machin de protection de l'Etat enfin un truc dans le genre. Et pourquoi vous me donnez cette photo ?
  • Il est mort.
  • Sûre ?
  • Comme deux et deux.
  • Vous voulez dire que le chef de la protection de ce pays s'est fait tuer juste avant l'arrivée des aliens ?
  • Mauvais timing.
  • Pourtant le programme de défense semble prêt. Ils ont mis les soldats génétiquement modifiés un peu partout.
  • Ces guignols sont ridicules. Gambers travaillait sur quelque chose de beaucoup plus vaste, mais il a raté son coup.
  • Et c'était quoi ce projet top secret ?
La femme tendit son bras droit et pointa son index en direction d'un des écrans de télé qui recouvrait le mur qui se trouvait en face d'elle. Skeet se retourna et l'inconnue semblait désigner le chasseur de primes dont l'image fixe extraite d'une vidéo de surveillance se trouvait sur un des moniteurs. Sur cette image, il tenait à la main un enfant de cinq ou six ans.
  • Un ami à vous ?
  • Disons une vieille connaissance.
  • Et il vient faire quoi dans l'histoire ?
  • C'est la raison de la mort de Gambers et je peux vous en dire beaucoup plus sur lui et sur son petit compagnon.
  • Vous m'intéressez là. Mais j'aimerais savoir une chose, pourquoi vous faites ça ?
  • Les hommes comme Gambers se sont servis de moi trop longtemps. Et croyez-moi, ils le paieront très cher.
À ces mots, les oreilles de Skeet se mirent à bourdonner et son cœur se mit à battre si fort qu'il crut qu'il allait imploser. Mais la plus grande frayeur qu'il ressentit fut lorsqu'elle se rapprocha de lui car aussi loin qu'il se remémore, jamais il n'avait vu une femme avec un œil cybernétique.



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mercredi 9 octobre 2013 - Webmestre : Sylvie Blas