Cycle 4

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Chapitre dix : Le sacrifice 


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L'enfant resta là, suspendu. Cela dura quelques minutes qui semblèrent une éternité pour les trois hommes. Cachés depuis quelques heures après l'atterrissage de la navette qu'ils avaient eut juste le temps de prendre, S, Le Rat et Fred ne savaient plus ni quoi faire ni quoi penser. Les armées aliens s'étaient éloignées probablement dans le but de préparer l'assaut final. Et face à eux, l'enfant flottait à présent tel un cadavre en lévitation. Soudain les murs tremblèrent autour d'eux. L'immeuble endommagé qui leur servait de refuge donna des signes d'écroulement imminent.
  • Il faut partir, cria le Rat dans un vacarme qui devint de plus en plus assourdissant.
  • Mais comment faire pour lui, répondit S.
  • On doit partir, insista l'ingénieur.
Fred et le Rat emmenèrent S, malgré lui, qui finalement ne montra pas de signes de résistance. Les trois hommes s'enfuirent peu de temps avant que le bâtiment ne s'effondre. Ils se retournèrent, mais une fois les poussières dissipées, ils ne virent pas l'enfant surgir des décombres. Au contraire, ils ne virent que des murs en ruines et un ciel sombre, obscurcit par des vaisseaux spatiaux aliens. Le reste des habitants de New City 4 s'était caché, réfugié dans des sous-sol ou alors ils avaient pu quitter la ville en voiture avant d'être probablement rattrapé et tué par les envahisseurs. Dans ce décor apocalyptique, trois hommes se trouvaient seuls face à une armée extraterrestre dont l'intention n'était que l'annihilation de l'humanité.
  • C'est comme ça que ça doit se finir ?
  • On se bat plus, demanda Fred ?
  • J'ai pas dit que j'allais me rendre !
  • Oh non, tu veux pas dire qu'on doit se battre jusqu'à la mort seulement pour la beauté du geste ?
  • T'as une meilleure proposition ?
  • Une mort simple, juste une bombe sur la gueule ça m'ira.
S sourit. Finalement, s'avoua-t-il à lui-même, l'humour du Rat avait du bon.
  • Attends ici, si tu veux, mais moi je leur rentre dans le lard. Et toi Fred ?
  • Moi pas abandonner !
  • Zêtes vaches les mecs. Vous allez pas me laisser tomber merde !
  • T'as le choix.
  • Faites chier… Bon ben, vais devoir vous suivre, mais c'est bien la dernière fois…
Le Rat regretta immédiatement ses mots, même s'ils correspondaient bien à la situation. C'est alors qu'ils s'apprêtaient à s'élancer dans un baroud d'honneur qu'une forme se présenta à eux. C'était une ombre, mais elle n'était pas noire comme celles qu'ils avaient déjà croisées. Celle-ci était grise avec des éclats lumineux à l'intérieur. Elle avait une allure magique, presque divine.
  • Humains, votre monde touche à sa fin.
  • Tu vas voir qu'il va nous faire un speech, murmura l'ingénieur à S. Pourquoi les méchants doivent-ils toujours faire des discours avant de lancer l'attaque finale ? Moi qui croyais qu'il n'y avaient que les hommes qui étaient complexés ?
Messayah voulut poursuivre son discours de clôture des combats, mais quelque chose attira son attention. Il se détourna des trois hommes. Et à sa grande stupeur il réalisa que le garçon n'était pas mort enseveli. Ce dernier réapparut après avoir psychiquement déplacé des murs entiers du bâtiment sous lequel il avait été enterré.
  • Voilà pourquoi les méchants font des discours, dit S au Rat. Pour que les gentils puissent gagner du temps et vaincre.
  • Je te trouve un peu optimiste. Entre un garçon et une armée alien, je trouve que c'est pas gagné d'avance.
Messayah se dirigea lentement vers l'enfant dont le corps était toujours en suspension.
  • Tu veux encore te battre ? Tu crois toujours que ce monde en vaut la peine ?
  • Vous avez perdu. Repartez ou vous mourrez.
  • Les humains ont fait du beau travail je dois avouer malgré leur piètre technologie, mais ce ne sont pas quelques pouvoirs psychiques qui vont te sauver cette fois. Dans quelques instants tous mes vaisseaux vont frapper cette ville. Et là où tu te trouves, il ne restera qu'un immense cratère. Ta tombe.
  • La tienne Messayah, juste la tienne, répondit l'enfant déterminé.
Le garçon se mit à pousser un cri et son corps s'éleva dans le ciel. S indiqua à ses amis de le suivre et de s'éloigner. Messayah contempla la scène. Il sourit intérieurement trouvant tout ce spectacle pathétique. Il laissa faire, sûr que tout ceci ne servait à rien, sûr de sa victoire. Il reçut un message télépathique d'un de ses lieutenants indiquant que tous les vaisseaux situés au-dessus avaient ciblé l'enfant, qui, sans le savoir, s'était placé de telle manière à faire une cible parfaite. A environ cinquante mètres du sol, immobile, aucun navire alien ne pourrait le manquer. C'était la fin de l'histoire, assurément.
Les canons aliens s'orientèrent, tous, vers une seule direction. Messayah contempla, toujours debout sur le sol terrien cette scène. Puis, il réintégra son appareil sans même chercher à trouver S et ses amis. De toute façon, ils ne pourraient survivre au déchaînement qui allait avoir lieu. Le temps se figea quelques instants. Le chasseur de primes, le Rat et Fred levèrent les yeux vers l'enfant. Messayah attendit encore, savourant sa prochaine victoire qui allait faire de lui le plus grand conquérant de l'univers. Puis il ordonna à toute sa flotte de détruire leur proie. Tous les vaisseaux firent feu et…
Un terrible éclair blanc surgit. Il se répandit lentement aux quatre coins du globe. Partout, les humains survivants des catastrophes naturelles ou des assauts aliens furent éblouis. Tous se voilèrent les yeux dans un ultime réflexe de survie. Un courant électrique blanc se mit à recouvrir la Terre. Puis, après quelques secondes, cette enveloppe protectrice se rapprocha de l'espace tout en conservant sa forme ronde. Un à un, les vaisseaux aliens furent engloutis dans cette masse uniforme et invincible. Un à un, ils se retrouvèrent prisonniers. Et, une fois complètement prisonniers, incapables de se déplacer, les vaisseaux implosèrent silencieusement comme s'ils n'avaient jamais existés. Messayah eut juste de temps de comprendre ce qui lui arrivait avant que son propre vaisseau fut, à son tour, détruit. Ainsi, progressivement, toute la flotte extraterrestre fut réduite à néant. Cela prit plusieurs minutes. Puis l'éclair blanc s'évanouit lentement, laissant à nouveau la possibilité aux humains de voir le ciel et de songer à la possibilité d'un avenir.

Après des dizaines de minutes durant lesquels tous ses ordinateurs étaient déréglés, le Maître réussit à reprendre le contrôle de tous ses appareils. Il reçut la confirmation par Internet, que la flotte alien avait bel et bien été balayée par une vague de puissance dont la source provenait de New City 4. Le plan avait réussi. L'enfant, à la dernière minute, était parvenu à remplir la mission qui avait été toujours la sienne. Le Maître sourit. Tout s'était finalement bien déroulé en dépit de quelques problèmes de logistique. Il respira profondément avant de se pencher à nouveau sur son écran multiprojecteur. Il y vit des dizaines de techniciens en train de réparer les systèmes de communication du monde entier. D'ici quelques minutes, CNN allait pouvoir redémarrer annonçant la victoire de l'homme sur les extraterrestres. Bien sûr, on allait en profiter pour renforcer le patriotisme et altérer encore plus les libertés publiques. Et le pire était à venir. Les aliens avaient probablement laissé des armes, des appareils sur place. La technologie humaine allait progresser à pas de géant. Et qui sait ? La prochaine fois, ce seraient peut-être les hommes qui iraient voir les extraterrestres. Mais, le Maître fut contraint de quitter ses songes, il reçut un appel urgent.
  • Qu'y a-t-il, Kennear ? Vous êtes sur la ligne supérieure !
  • Je sais Maître, mais on a capté un signal.
  • Comment ça, cria le Maître ?
  • Je vous le dis, on a capté un signal.
  • Comment ça un signal ?
  • Dans une région, non loin de Jérusalem, nous avons un signal conforme à nos recherches.
  • Vous avez refait les tests ?
  • Plusieurs fois depuis que les systèmes refonctionnent et ils disent tous la même chose.
  • Vous êtes sûr de vous alors ?
  • Je ne peux pas vous garantir de ce qu'il se passe là-bas, mais, nous avons un signal. Faible, mais viable.
  • Vous savez ce que cela veut dire Kennear ?
  • Oui Maître.
  • Bien, préparez une équipe. Je veux des informations dès ce soir.
Le Maître coupa la communication. Son cœur battait à tout rompre. Sa poitrine allait exploser. Il savait qu'il devait se contenir. Tout cela n'était peut-être qu'un faux espoir, mais son corps, son âme ne pouvaient s'empêcher de bouillir. Tout ce qu'il avait fait depuis des dizaines d'années semblait enfin prendre tournure. Et si tout se passait bien, elle serait avec lui, dans quelques heures comme il l'avait toujours espéré. Elle lui manquait tellement.



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mercredi 9 octobre 2013 - Webmestre : Sylvie Blas