Cycle 4

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Chapitre six : Une nouvelle famille 


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Gambers bouillonnait au fond de lui. Comme tout le monde, il détestait se faire engueuler. Surtout quand il estimait avoir fait convenablement son boulot. Pourquoi diable, le maître avait-il décidé de venir vérifier son travail ? Certes, les clones de Connors avaient causé beaucoup de désagréments. Il avait fallu les retrouver et cela n'avait pas été une partie de plaisir car ces derniers connaissaient parfaitement les systèmes de sécurité. En plus, Gambers était très mal entouré. Ses hommes avaient eu la remarquable idée de tuer les clones en public ou dans des circonstances compliquées. Résultat, il avait fallu déplacer la famille de Connors dans un premier temps, puis son petit garçon, seul, après la dernière interpellation. Toutes ces erreurs et problèmes pouvaient justifier les critiques et Gambers le comprenait. Du coup, il avait réglé personnellement l'installation du fils de Connors. Il avait choisi sa mère adoptive, il lui avait refait sa vie et surveillait le tout depuis le début. Chaque semaine ses assistants lui faisait un rapport complet des activités de l'enfant et il s'était rendu à plusieurs reprises, discrètement bien sûr, sur les lieux afin de voir les choses avec ses propres yeux sans intermédiaire zélé entre lui et le réel. Et tout se passait bien. Soren, qui avait été rebaptisé Angus, prénom choisi après tirage au sort car il n'y avait pas eu moyen de se décider autrement, allait à l'école de son quartier. Il avait réussi à se faire quelques camarades et il ne montrait aucun signe de traumatisme suite au décès accidentel de sa mère. Alors pourquoi, cherchait-il à deviner, le maître s'était-il déplacer avec lui pour observer la situation ?
  • Je vous sens tendu Gambers.
  • Non, non, je pensais juste que vous avez probablement mieux à faire que de regarder une maison tranquille de Dakota 5, dit le bras droit du maître en essayant de ne pas être trop mielleux.
  • Je sors rarement Gambers, vous le savez. Ma quête occupe une large place de mon temps, alors quand une occasion se présente de me balader un peu, je la saisis. Et puis, cette ville est plutôt tranquille, vous ne trouvez pas ?
  • Si. C'est même pour ça qu'on l'a choisie. Comme ça, ça facilite sa surveillance. De toute façon, les clones ne nous poseront plus de problèmes. Les protocoles sont enfin au point et leur mémoire a été complètement effacée. Connors ne viendra plus réclamer d'explication. Et puis, il n'y a plus de Connors. Cette fois-ci, il est vraiment mort.
  • Vous m'avez dit quel métier exerçait la mère ?
  • Oui, répondit Gambers intérieurement agacé que son patron passe du coq à l'âne sans prévenir, elle travaille dans une usine de Ford, à quelques kilomètres d'ici. Un emploi stable, sans problème.
  • Bien, bien. Il faudra quand même faire attention à l'enfant. Plus tard, il pourrait chercher à comprendre. A poser des questions. Et il n'y a rien de plus coriace qu'un homme qui cherche des réponses. Pensez à Connors.
  • Et encore, il s'agissait de clones. Mais, je vous rassure, on a déjà pensé à ce problème. S'il s'avère être trop curieux, nous nous occuperons de lui.
  • Pas de ça, Gambers, cela suffit !
  • Non, non, maître, je vous rassure… On lui proposera un poste dans l'armée ou quelque chose dans le genre. On gardera comme ça un œil sur lui. Même si, si je peux me permettre, j'avoue avoir du mal à saisir votre intérêt pour ce garçon.
Gambers avait osé. C'était plus fort que lui. Il n'avait pas pu s'empêcher de demander ouvertement pourquoi on avait dépensé autant de temps et d'argent pour Soren-Angus Connors. Pourquoi n'avait-on pas liquider toute la famille depuis le début comme on le faisait habituellement ?
  • Je comprends votre scepticisme Gambers.
  • C'est pas que je veuille remettre vos ordres en question, mais…
  • Je vois tout à fait où vous voulez en venir et je vous dois quelques explications.
Le maître se cala confortablement sur la banquette arrière de la voiture. Le cuir émit un léger bruit de frottement qui agaça Gambers. Puis il reprit la parole.
  • Comme vous le savez, notre agence a pour but de défendre la Terre d'une probable arrivée d'extraterrestre. Flagstaff ne fut qu'une étape et il y en aura d'autres. Mais d'autres crises nous guettent.
  • Vraiment, dit Gambers intrigué, il ignorait tout de cela. Lui qui maîtrisait tous les dossiers sur lesquels l'agence travaillait, les clones, Bacchus, les aliens, semblait ignorer des pans entiers de l'histoire.
  • Vous devez savoir mon cher ami, le maître se rapprocha de son lieutenant comme pour donner davantage d'intimité à la scène qui se jouait, que des personnes malveillantes guettent la moindre faiblesse de l'humanité. Ces personnes sont cachées, mais bien réelles. Et dès que les hommes baisseront leur garde, elles surgiront de la nuit pour s'emparer du pouvoir et réduire l'humanité à néant.
  • Et que devons-nous faire ?
  • Rien pour l'instant. Ces personnes, malheureusement, disposent d'appuis très très hauts placés et nous ne pouvons pas les arrêter maintenant. Nous devons attendre qu'elles se montrent d'elles-mêmes.
  • Et, quel est le lien entre ces personnes et le gamin de Connors ?
  • Ce garçon individuellement est tout à fait anodin, mais s'il est bien contrôlé, il pourrait s'avérer être un allié précieux. Je le sais, je le sens Gambers. Croyez-moi, ce garçon, ce Angus, jouera un rôle crucial dans un avenir plus ou moins proche.
  • Et que fait-on pour ces ennemis dont vous venez de parler ? On ne peut rien faire ? On pourrait commencer à les étudier discrètement, tenter de cerner leur méthode de travail…
  • Tout a déjà été fait je vous rassure Gambers. Il n'y a pas trente-six manières de les vaincre. Mais, on verra ça le moment venu. Rien ne sert de courir, il faut arriver à point. Pour l'instant, nous devons poursuivre nos recherches sur les aliens. Nous n'avons toujours pas d'arme qui nous permettrait de les repousser. Le temps presse. Quant au garçon, continuez de le surveiller et quand il sera assez grand, confiez-le à l'armée ou à un autre organisme du même genre. Il faut que je rentre à présent, j'ai encore beaucoup de recherches à faire.
Gambers sortit de la voiture du maître et rejoint la sienne dont le chauffeur attendait patiemment à l'extérieur. Il fit signe à ce dernier de démarrer et il monta à l'intérieur. Le véhicule officiel démarra et prit la direction du centre des opérations. Durant tout le trajet, Gambers ne put s'empêcher de réfléchir à sa discussion avec le maître. Comme ça, d'autres dangers menaçaient la race humaine ? Il n'y avait pas que les extraterrestres ? « Et le pire, c'est que le maître est au courant de tout. Moi qui me tapes tout le travail depuis des années, qui ai vaincu Bacchus, qui ai mis au point la stratégie pour contrer les aliens ! Et bien, une fois encore, je suis sur la touche ! S'il n'avait pas cette emprise télékiné machin-chose, ça ferait longtemps que je lui aurais remis les idées en place. »
Gambers se força à chasser ces idées déplacées de son esprit. Le maître, bien que déjà loin dans sa propre voiture, pouvait très bien ressentir ses émotions. Il en était capable. Et même si Gambers était plus qu'agacé, il n'était pas encore devenu suicidaire. Cela ne risquait pas d'arriver. Et puis, il avait trouvé une surprenante occupation pour se calmer les nerfs. En effet, rien de tel que tabasser un soi-disant envoyé de l'enfer, pour décharger toutes les frustrations liées au travail.

A des dizaines de kilomètres déjà, le maître, à bord de sa voiture reliée en permanence via des transmissions de satellites espions et gouvernementaux au réseau mondial du net et au propre réseau de son agence, se remit en quête de la moindre trace subsonique ou surmortelle. Une onde, une vibration dans le continuum. Il était convaincu que les molécules extraterrestres avaient bouleversé l'équilibre moléculaire de la Terre. Et qui sait ? Peut-être que le monde et l'univers allaient pouvoir être bouleversés à leur tour. La planète bleue devenant le centre d'un terrible second Big Bang. Balayant toutes les théories et lois de la physique. Et si l'on ajoutait l'intervention maléfique de Bacchus. Ce dernier amenant d'autres molécules, celles-ci issues du mal absolu, des enfers. Le cocktail ainsi mis au point devait forcément modifier la composition même de l'atmosphère. De grandes choses allaient enfin être possibles. Sa quête allait enfin pouvoir s'achever. Après tant de siècles de patience, de fouilles, l'histoire venait de lui apporter les ingrédients manquants. Ce qui était inimaginable, fou, illusoire pouvait désormais se réaliser. Le passé surgit dans son esprit, des souvenirs issus de siècles remontèrent dans chaque parcelle de son cerveau, brouillant sa vision du présent avec celle du passé. Il fut prit de douces convulsions, comme s'il était ivre. Le chauffeur ne pouvait se rendre compte de rien, il était coupé de tout contact avec son passager par une baie vitrée teintée. Si cette dernière n'avait pas été là, il aurait pu l'entendre murmurer « Maria Magdalena ».




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mercredi 9 octobre 2013 - Webmestre : Sylvie Blas