Cycle 4

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Chapitre neuf : La fin de toute chose 


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« Les Anciens avaient raison. L'homme devait payer pour tous ses crimes. Lui qui avait détruit la nature, asservi les animaux, méprisé les dieux. Cette fois-ci, il ne pouvait plus se cacher. Partout dans le monde, les rescapés des catastrophes et des attaques aliens se regroupaient et priaient. En Chine, les extraterrestres détruisirent la muraille, seul symbole visible de l'espace de l'orgueil humain. De puissants typhons ravagèrent l'Asie du sud-est, faisant plusieurs millions de morts. Les réserves de gaz russes furent aussi détruites tout comme la Place rouge. En Europe de l'Ouest, les aliens détruisirent la plupart des grands monuments, le Tour Eiffel, Big Ben, ils firent sauter les digues qui protégeaient les Hollandais de la Mer du Nord. Les Africains ne furent pas non plus épargnés par les destructions tout comme les Américains du sud qui furent massacrés par des soucoupes volantes acharnées à tuer le plus grand nombre. Comme si pour chacune des zones habitées du globe, les aliens avaient prévu un sort particulier. Comme s'ils voulaient faire de leur attaque un exemple, non seulement pour les hommes, mais aussi pour le reste de la galaxie.

Car cette fois, il n'y aurait pas de survivants. Tout devait disparaître. Jusqu'à présent les hommes avaient toujours su se redresser. Ils avaient survécu aux épidémies de peste, de grippe, même le sida qui avait fait des millions de morts au début du XXIe siècle avait été quasiment éradiqué. Ils avaient résisté aux grands fléaux guerriers qu'avaient été les Attila, les Hitler et tous les autres fous sanguinaires dont l'histoire humaine regorgeait. D'ailleurs, étaient-ils tous humains ces despotes aux mains couvertes de sang ? Peut-être étaient-ils déjà des mises en garde envoyées par les dieux ou par d'autres entités pour avertir l'homme de ses errements.

Et en dépit de toutes ces catastrophes qui firent des millions et des millions de morts, l'homme poursuivit sa route. Sous prétexte de progrès technologique, de science raisonnable, il se substitua aux lois de la nature. Il brûla les idoles, supprima des cultures millénaires sous prétexte d'une divinité unique qui lui aurait donner les pleins pouvoirs, il déchira la Terre et utilisa tous ses bienfaits pour satisfaire des besoins matériels déraisonnables et immoraux. Le climat de la Terre fut bouleversé et malgré le réchauffement climatique, l'homme poursuivit sa quête du « toujours plus » qui masquait en fait son désarroi et sa peur de mourir. Les hommes oublièrent petit à petit d'où ils venaient, ils délaissèrent leurs proches, leurs enfants pour se consacrer pleinement à leur ego, leur jouissance physique et immédiate.

Ils utilisèrent la science et l'informatique pour s'éloigner les uns les autres. Et comme ils leur manquaient malgré tout une présence physique, ils se mirent à se cloner eux-mêmes, pensant naïvement faire disparaître leurs défauts. Défauts qu'ils considéraient comme méprisables alors que c'étaient eux qui les rendaient finalement si humains. Le temps passa ainsi, les siècles défilèrent sans amour et sans raison. La note gonfla et l'addition allait être très salée. Il y eut les météorites, les ombres et des signes encore ignorés. A présent, l'homme devait payer.

Evidemment il ne s'agit là que d'une vision des choses. Quiconque connaît toute l'histoire de ces dernières semaines, sait que tout cela sans être véritablement faux, est incomplet. L'homme a, certes, commis d'immenses crimes envers lui-même et la nature, mais il a aussi créé un garçon qui détient suffisamment de pouvoirs pour créer autre chose. Pour créer, d'autres possibilités. Pour créer d'autres réalités. Et il a déjà commencé. A trois reprises déjà, il s'est servi de ses pouvoirs créant par la même occasion trois lignes temporelles distinctes. Bien sûr, rien n'est certain, ces lignes peuvent, elles aussi, disparaître à leur tour, mais une chose est acquise. Elles existent et pour chacune d'entre elles, l'homme a un destin différent de celui auquel nous assistons, impuissant. »

  • Tu devrais venir voir ça, cria René !
  • J'arrive, lui répondit Marcus qui posa son stylo et quitta la réserve pour retrouver le gérant de la station service. Où est-ce que ça en est ?
  • Ben c'est la merde on dirait.
  • L'image est floue.
  • Ben, c'est le problème avec les caméras numériques, ça filme, mais c'est pourri. Enfin, ça donne une idée de ce qui se passe.
  • Tu crois qu'ils vont venir ici après ?
  • C'que j'en sais moi…, répondit René dubitatif.
  • Ca te fait pas bizarre d'assister à ça, comme si c'était un spectacle ?
  • Quoi ? Ca ?
  • Ben oui ! C'est quand même la fin du monde je te signale. Et on regarde ça comme si c'était un film.
  • Et alors ? Tu veux que je fasse quoi ? Que je traverse tout le pays avec mon fusil et que je tire sur la première soucoupe que je vois ? Désolé, mais je préfère regarder la télé. Mais rien ne t'empêche d'y aller si tu veux. Tiens, je te laisse même conduire le pick-up !
  • Non, mais moi je peux pas.
  • Ah oui, c'est vrai, tu dois rester ici et tout écrire.
  • Moque-toi si ça t'amuse !
  • Je me moque pas. Je constate juste que tu me reproche de regarder ça, bêtement, alors que toi tu écris un manuscrit…
  • Un journal !
  • Un journal, si tu le dis, des événements que peut-être personne ne lira.
  • Il m'a dit…
  • Qu'après la fin, il y aura un début et que tout recommencera, répété René avec un ton mécanique.
  • Et si c'était vrai ?
  • Peut-être. En tout cas, je que je vois, c'est que c'est plutôt mal barré, dit le patron de la station service en pointant la télé qui continuait de montrer des images de téléphones portables prises par des habitants de New City 4.
Puis, soudainement, il se passa quelque chose. Un léger frémissement comme un minuscule courant d'air qui traversait la pièce. Marcus détourna la tête de la télévision et se dirigea vers une fenêtre. Rien d'apparent dehors, pas de client, pas d'aliens, le calme du désert.
  • T'as rien senti, demanda-t-il à son ami ?
  • Senti quoi ?
  • Je sais pas, quelque chose.
  • Non.
Marcus sortit de la station, fit quelques pas à l'extérieur et se murmura à lui-même « et tout recommencera ».

Ce que sentit Marcus, malgré lui, était une onde de choc. Un terrible bouleversement dimensionnel qui se propageait à travers l'espace-temps. Un être maléfique et surpuissant venait de disparaître et sa fin se répandait partout. Dieu, satisfait de cette élimination, la sentit. Marcus, témoin candide de ces événements, la sentit. Le Maître, dont la quête semblait s'achever par un nouvel échec, la sentit. Et à des milliers de kilomètres, dans l'espace, le commandant en chef d'une des plus grosses armées extraterrestres jamais constituée la sentit également. Il ordonna par ondes télépathiques à tous ces hommes de focaliser leur assaut sur un point bien précis. Un pont situé dans une des plus grandes villes de la planète Terre : New City 4. A l'intérieur de celle-ci, se trouvait le seul être vivant qui avait réussi jusqu'à présent à lui échapper. Cela ne pouvait pas être possible. En tout cas, cela ne se reproduirait pas. Messayah demanda à tous les vaisseaux disponibles de se rendre au-dessus de la ville en question. Tous les radars avaient reçu comme consigne de retrouver la trace de l'enfant. Comme ce dernier avait été leur prisonnier, les ordinateurs aliens ne mettraient que quelques secondes à retrouver l'empreinte psychique du garçon. Et une fois retrouvé, la flotte alien déclencherait une offensive générale, déversant des milliers de bombes et de rayons lasers destructeurs. Toute vie humaine serait ainsi effacée de la zone. Personne ne pourrait survivre à cela, pas même un enfant aux pouvoirs psychiques au-dessus de la normale.

Cachés dans un bâtiment en ruines, S et ses amis constatèrent que les troupes terrestres aliens se repliaient. Les tirs s'estompèrent avant de cesser définitivement. Un silence pesant succéda aux bruits de fureur et de destruction.
  • C'est pas bon signe ça, dit le chasseur de primes dont l'expérience militaire refaisait surface.
  • Ah bon et pourquoi, demanda le Rat ?
  • Ils ont l'avantage, ils pourraient en finir. C'est pas logique. Ils préparent quelque chose.
  • S, cria Fred affolé !
S et le Rat se redressèrent et se tournèrent vers Fred et l'enfant. Ce dernier flottait au-dessus du sol, à quelques centimètres de hauteur. Ses yeux étaient révulsés. S voulut l'attraper, mais à peine l'eut-il touché, qu'il fut repoussé par un fort courant électromagnétique. Le Rat essaya à son tour et le résultat fut identique, avec, néanmoins, un sentiment de douleur et d'humiliation accrue. Le vent se mit à se lever comme souvent dans ces cas-là. Un indice de plus que quelque chose non seulement de grave, mais aussi de capital, se préparait. Et à ce moment précis, le Rat eut une terrible pensée assez proche de la vérité. « Cette fois-ci, c'est la fin. »




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mercredi 9 octobre 2013 - Webmestre : Sylvie Blas