Interview de l'auteur Emmanuel Blas

Découvrez le "génie" à travers deux interviews. 

Emmanuel Blas, interviewé par Sébastien Denizart (Août 2006) 


Sébastien Denizart : Vous faîtes souvent référence à vous-même dans Omnitempus, notamment dans l'épisode « le génie enfermé 2 » et vous avez décidé de suivre les aventures d'un enfant muet. Au fond, ne serait-ce pas vous cet enfant ? Ne profiteriez-vous pas de cette série de science-fiction pour régler des comptes avec votre complexe d'Oedipe ?

Emmanuel Blas : En fait, c'est beaucoup plus simple. Comme bon nombre de mes collègues écrivains (et non génie, notez la différence) j'ai emmagasiné beaucoup d'idées de concepts et OmniTempus me permet d'en glisser quelques-uns à droite, à gauche. C'est l'avantage des séries, c'est qu'on peut y recycler des idées sans avoir pour autant à les développer.
Quant à mon complexe d'Œdipe, il va bien merci.


S.D. : Si vous deviez définir la série Omnitempus en deux mots, vous diriez que c'est une épopée intergalactique à la Star Trek ou plutôt un soap-opéra du futur où tous les acteurs des « Feux de l'Amour » prendraient de la drogue et seraient devenus cannibales ?

E.B. : Je ne comprends vraiment pas pourquoi les Feux de l'Amour ont une si mauvaise presse. Honnêtement, les personnes responsables de cette série font un boulot ingrat dans des conditions difficiles. Mais, pour en revenir à OmniTempus, c'est une sorte de mélange improbable entre la SF, le comic-book, la télé et le ciné. Et bientôt j'y insufflerais quelques références à la littérature. Bref, pour répondre en deux mots, OmniTempus est un feuilleton impossible. Et je plains le potentiel réalisateur qui souhaiterait l'adapter…

S.D. : Votre vison de l'avenir est plutôt sombre et violente. Etes-vous plutôt influencé par le nihilisme de Nietzsche ou par la pensée de Paco Rabanne ?

E.B. : Il est vrai que je suis un grand fan de Paco Rabanne, féru d'improbabilité comme moi. Quant à la vision de l'avenir, je ne sais pas si la série dégage une réelle vision de l'avenir. En ce qui me concerne, je pense que l'humanité, tout comme l'enfant, a la possibilité d'infléchir le cours des choses. Mon personnage le fait dans un but précis. J'ignore encore celui de l'humanité, je dois bien reconnaître. (eh, pas mal la réponse non ? dit le génie modestement fier de lui après une relecture éprouvante dans un souci, faussement naïf, de passage à la postérité…)


S.D. : Que pensez-vous de la rumeur qui prétend que derrière le pseudo de S., vote héros, se cache en fait votre épouse et webmaster, Sylvie Blas, plus connue dans le monde du catch féminin sous le surnom de « l'ouragan de Dunkerque » ?

E.B. : En fait, le véritable surnom de Sylvie quand elle était encore dans ce milieu était SLY, en référence à Sylvester Stallone dont c'est le véritable surnom. Et puis, pour être complet sur le sujet (car, je reçois beaucoup d'emails de fans qui voudraient en savoir plus sur la carrière de Sylvie) il faut aussi rappeler qu'elle a commencé sa carrière en s'appelant The Creutz, surnom dunkerquois intraduisible en langage châtié.
Même si Sylvie a fait carrière dans le catch, je suis quand même heureux qu'elle ai mis de côté sa carrière pour se consacrer à tous mes sites que ce soit Quelques rares qualités ou encore celui-ci car, je dois l'admettre, rien n'existerait sans elle.
Et tant que j'y suis on travaille, en ce moment, à une grande rétrospective de sa carrière en DVD. Affaire à suivre…

S.D. : Concernant le personnage du Rat, vous n'avez pas eu de problèmes avec la ligue de protection de animaux et Brigitte Bardot ?

E.B. : Bien au contraire, ils me soutiennent fidèlement. J'ai même été invité récemment à une inauguration d'un énième refuge baptisé New City of Pets. Et cela me révolte toujours que l'on pratique autant d'expérience sur les animaux. On devrait plutôt en faire sur les séquoias qui sont, en plus, une véritable plaie pour l'humanité.
Pour en revenir au Rat, c'est un personnage que j'affectionne beaucoup car il a permis à la série de rebondir. En effet, après les premiers épisodes, je me suis rendu compte qu'un troisième personnage (en plus de S et de l'enfant) était nécessaire. C'est comme ça qu'il est né et il fallait aussi qu'il soit complètement décalé par rapport à S afin de permettre quelques séquences drôles. Maintenant, le trio fonctionne et c'est beaucoup plus facile pour moi d'avancer dans mon récit.


S.D. : Vos épisodes ont un format assez court, est-ce parce que vous manquez de place sur votre site ou bien parce que vous préférez jouer avec vos consoles de jeux-vidéo ?

E.B. : Heureusement que je joue ! C'est grâce au jeu vidéo que j'ai pu créer cette histoire. Mais j'avoue que le format des épisodes commence à me frustrer car je ne peux pas développer certains aspects. Et c'est pour cela que la série va s'arrêter à la fin de la saison 4 (on a donc encore le temps, y compris de changer d'avis) du moins dans son aspect actuel.
J'ai bien l'intention de poursuivre, mais sous une forme différente probablement plus proche des Chroniques de Bacchus.


S.D. : Et si je vous dis « tirelipinpon sur le chihuahua », que me répondez-vous ?

E.B. : Je réponds sans hésiter tous les jours, même les fériés.

Emmanuel Blas, interviewé par Lirado (Janvier 2006) 


Merci à la webmestre de Lirado de nous permettre de reproduire cette interview.



Lirado : Comment avez-vous eut l'idée d'écrire les aventures de Omnitempus ? Vous êtes-vous inspiré d'autres livres ?

Emmanuel Blas : Au début, je voulais écrire un feuilleton pour mon site internet. Je voulais me forcer à écrire de manière régulière. J'ai rapidement eu l'idée d'une histoire avec un petit garçon protégé par un chasseur de primes et dont les aventures se déroulent dans un futur proche. Mon intention était de rendre un hommage aux comics qui ont bercé mon enfance avec des récits qui mélangent fantastique et réalités alternatives.
Au départ, nous devions l'écrire à deux, Sébastien Denizart et moi, mais il a préféré se consacrer au personnage de Bacchus. Cela donne encore plus d'ampleur au projet qui a dépassé mes attentes en termes artistiques car l'univers créé est devenu beaucoup plus vaste que je ne l'avais imaginé au départ.


Lirado : Pourquoi avoir appelé votre héros S ?

Emmanuel Blas : Le chasseur de primes s'appelle S car je voulais donner à ce personnage un nom original. Et puis, cette lettre laisse imaginer une histoire derrière elle, elle intrigue. Je pense que le lecteur veut savoir pourquoi et peut-être qu'un jour, j'expliquerais la raison.


Lirado : De quoi vous êtes-vous inspiré pour le personnage de S ?

Emmanuel Blas : S est un personnage qui se construit au fur et à mesure de l'histoire. Il n'a pas été inspiré par quelqu'un en particulier, c'est un personnage qui se construit en permanence. Ainsi, on découvre qu'il a été un ancien soldat et que sa vie a été très tumultueuse


Lirado : Quel est le côté qui vous plaît le plus chez S ?

Emmanuel Blas :   J'aime la liberté de S. Il n'obéit pas aux mêmes règles que nous ou que la société de son époque. Son métier, en plus, lui permet d'utiliser des méthodes peu orthodoxes. Au début de l'histoire, il refuse sa mission, mais comme on le poursuit, il décide de protéger l'enfant.


Lirado : Combien d'autres aventures prévoyez-vous avec S ?

Emmanuel Blas :   OmniTempus est, pour moi, un feuilleton composé d'épisodes comme une série télé. Chaque saison est composée de onze épisodes. La saison deux est actuellement en cours d'écriture et de publication sur mon site, une troisième est sur les rails et je pense qu'il y en aura une quatrième. Ensuite, ce sera peut-être la fin. Ou le début, puisqu'on nage en pleine réalité alternative. Peut-être que ce ne sera pas la seule fin, qui sait ?


Lirado : Quel serait votre plus grand rêve pour l'histoire de S ?

Emmanuel Blas : Mon plus grand rêve serait qu'un producteur me propose d'adapter OmniTempus en série télé avec de vrais acteurs.


Lirado : Votre histoire est de la SF, appréciez-vous beaucoup ce genre ou vous aimez les autres autant ?

Emmanuel Blas : J'apprécie la SF, mais aussi les autres genres. J'aime lire aussi du Zola ou du Balzac. OmniTempus est un hommage à tout ce que j'ai lu gamin, les Spiderman et toutes les séries, aujourd'hui un peu désuètes, qui passaient à la télé.


Lirado : Qu'est ce que vous aimez dans l'écriture, pourquoi avoir eu envie d'écrire ?

Emmanuel Blas : Avant d'écrire, quand j'étais enfant, je dessinais énormément et je réalisais des petites bandes dessinées. Puis, vers l'âge de quinze ans, j'ai laissé tombé le dessin pour l'écriture car je voulais raconter une histoire de fantômes, mais je ne dessinais pas assez bien. J'ai donc troqué les crayons pour la plume et, de fil en aiguille, je me suis mis à l'écriture. En fait, c'est la création qui me motive et me pousse à écrire. J'adore imaginer et créer des univers.


Lirado : Depuis quand travaillez-vous sur l'histoire de S ?

Emmanuel Blas : Cela fait maintenant plus d'un an et demi que je travaille sur S et je ne suis pas prêt d'arrêter. J'ai encore mille et une choses à dire et à écrire.


Lirado : Quelles expériences tirez-vous de l'écriture ?

Emmanuel Blas : Grâce à l'écriture, j'ai rencontré beaucoup de personnes, de passionnés de littérature ou des écrivains amateurs comme moi. J'ai participé à des ateliers d'écriture de scénarios ou de nouvelles. Toutes ces rencontres m'ont permis d'avancer en tant qu'écrivain, mais aussi en tant que personne. L'écriture, c'est pour moi, une ouverture sur le monde extérieur.


Lirado : Vous écrivez aussi des poèmes, aviez-vous commencez par l'écriture de ceux-ci avant d'écrire des textes ?

Emmanuel Blas :
J'ai d'abord écrit des nouvelles, puis, avec les aléas de l'adolescence, j'ai écrit des poèmes afin d'exprimer des émotions, des choses plus personnelles. Aujourd'hui, la poésie n'est plus pour moi un exutoire à mes tourments d'ado, mais un formidable espace de liberté, une sorte de laboratoire où je peux tout essayer.


Lirado : Qu'aimez-vous dans la poésie ?

Emmanuel Blas :
On peut tout dire dans la poésie. On peut parler de tous les sujets qu'on a envie, amour, émotion, raconter une histoire fantastique, même faire un peu de politique. On peut même être drôle et irrévérencieux.


Lirado : Depuis quel âge écrivez-vous des textes et poésies ?

Emmanuel Blas :
J'écris depuis mes quinze ans et si l'on compte mon enfance où je réalisais des bandes dessinées, cela fait près de vingt ans que j'écris.


Lirado : Pour finir avez-vous des conseils pour écrire un texte et puis d'autres pour écrire une poésie ?

Emmanuel Blas :
Le seul conseil que je donnerais pour écrire un texte ou de la poésie, c'est d'essayer. Beaucoup de personnes n'osent pas écrire, persuadées qu'elles n'y arriveront jamais. Il est vrai que le début est toujours le plus dur. Mais, une fois ce cap franchi, on peut avancer. Et puis, rien n'est jamais définitif. On peut toujours se corriger et modifier son texte si on est insatisfait. Tant qu'on n'a pas écrit quelque chose, on ne peut pas savoir.


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mercredi 9 octobre 2013 - Webmestre : Sylvie Blas