OmniTempia

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Essai 4 : La Fin ?


Souvenez-vous, lors du cycle 4…

Messayah se dirigea lentement vers l'enfant dont le corps était toujours en suspension.
  • Tu veux encore te battre ? Tu crois toujours que ce monde en vaut la peine ?
  • Vous avez perdu. Repartez ou vous mourrez.
  • Les humains ont fait du beau travail je dois avouer malgré leur piètre technologie, mais ce ne sont pas quelques pouvoirs psychiques qui vont te sauver cette fois. Dans quelques instants tous mes vaisseaux vont frapper cette ville. Et là où tu te trouves, il ne restera qu'un immense cratère. Ta tombe.
  • La tienne Messayah, juste la tienne, répondit l'enfant déterminé.

Le garçon se mit à pousser un cri et son corps s'éleva dans le ciel. S indiqua à ses amis de le suivre et de s'éloigner. Messayah contempla la scène. Il sourit intérieurement trouvant tout ce spectacle pathétique. Il laissa faire, sûr que tout ceci ne servait à rien, sûr de sa victoire. Il reçut un message télépathique d'un de ses lieutenants indiquant que tous les vaisseaux situés au-dessus avaient ciblé l'enfant, qui, sans le savoir, s'était placé de telle manière à faire une cible parfaite. A environ cinquante mètres du sol, immobile, aucun navire alien ne pourrait le manquer. C'était la fin de l'histoire, assurément.

L'armée alien fit feu au même moment déversant sur la Terre une terrible et incommensurable force destructrice. Comme si un gigantesque météorite venait de la percuter, il y eut un bruit sourd, un tremblement de terre, ressenti aux quatre coins du globe, et beaucoup de poussières. Pendant plusieurs heures, le monde entier resta silencieux. Les aliens cessèrent de tirer, les hommes arrêtèrent de se battre. Tous voulaient connaître qui avait vaincu entre Messayah et l'enfant.

Pendant ces douloureuses heures, S, Fred et le Rat profitèrent de ce répit pour se cacher dans les égouts de la ville. Un réflexe et une habitude que connaissait fort bien l'ancien ingénieur. Ils coururent longtemps dans les corridors nauséabonds avant de s'arrêter, épuisés et ne sachant plus quoi faire.
  • Tu crois qu'il a réussi ?
  • Non.
  • Ouah, je te trouve vachement pessimiste.
  • Pour une fois que ce n'est pas toi. Tu les as vus, non ? Je préfère la jouer prudent c'est tout.
  • On aurait quand même pu rester, histoire de le soutenir au cas où…
  • Au cas où quoi bon sang ? ! Tu as vu qu'il y avait des vaisseaux oui ou non ?
  • Oui, mais c'est toi aussi qui nous a dit de rester pour ne pas baisser les bras.
  • Les choses ont changé, il nous a donné l'occasion de fuir.
  • Et on fait quoi pour lui alors ?
  • Tu veux qu'on fasse quoi ? S'il est vivant, ça veut dire qu'il a gagné, donc on le saura tôt ou tard et s'il est mort…
  • Ami Fred mort ?
  • S'il est mort, poursuivit S en posant une main sur l'épaule de Fred, on ne peut plus rien y faire.
  • Ca se tient, mais par principe, c'est que j'ai du mal à te voir fuir, c'est tout. D'habitude, tu es plus… vindicatif.
  • Oui, mais tu reconnaîtras que les circonstances sont spéciales, non ?
  • Tu marques un point. Sinon, on fait quoi ?

Le Rat se trouva lui-même très calme comme si la proximité de la mort lui donnait une sorte de détachement. Après tout, comme l'avait dit S, si l'enfant avait échoué (ce qui était plus que logique) ils étaient sûrement poursuivis par une armée extraterrestre. Leurs heures étaient comptées. Il repensa à son ex-femme. Il aurait tant aimé lui casser la gueule avant de mourir. Mais, ils devaient, avant tout, se cacher et trouver de quoi se préparer pour la prochaine étape, quelle qu'elle soit.

On annonça à Messayah la nouvelle au bout de quelques minutes. L'enfant avait disparu de tous les capteurs. Il n'y avait plus la moindre trace de vie. Seul subsistait un gigantesque cratère, témoin de l'impact des tirs. Le général extraterrestre se réjouit intérieurement. Il ordonna à toutes ses troupes de se préparer à débarquer sur le sol terrien. L'invasion complète pouvait commencer. Des milliers d'aliens armés frappèrent dans tous les continents. Il ne devait plus y avoir le moindre survivant. Les ordres étaient clairs : " éradiquer la race humaine de la galaxie ". Rien de moins.
  • Félicitations, dit la Conscience suprême.
  • Merci, maître, mais je n'ai fait que suivre vos enseignements et vos ordres.
  • Il n'empêche, c'est vous que l'Histoire retiendra. Vous avez mené avec succès notre conquête. Bravo.
  • Merci, mais, à présent, quels sont vos ordres ?
  • Oh, ne vous inquiétez pas, d'autres généraux vont venir vous remplacer. Vous allez avoir besoin de soutien car notre plan ne sera complètement abouti avant un certain temps.
  • C'est à dire ?
  • Vous l'ignorez, mais les humains sont une espèce à part. Ils vont se battre, ils vont résister et nous ne devons en aucun cas les sous-estimer. Nous avons réussi la première étape. Le plus long chapitre est encore à écrire Messayah, le plus long.

Messayah avait du mal à y croire. Ainsi, en dépit de leur dramatique infériorité, les humains devaient être encore considérés comme dangereux. Pourtant, il avait vaincu leur principale défense. Ils avaient tout misé sur un enfant et celui-ci avait été facilement détruit et pourtant, il fallait encore se méfier d'eux. Les paroles de son maître, sans pour autant être contestées, ne trouvaient pas d'écho en lui. Il considérait toujours les humains comme des misérables insectes et leur annihilation n'était qu'une question de temps. De très peu de temps.

Le Rat ne compta plus les heures au bout d'un certain temps. Ni les kilomètres de marche d'ailleurs. Certes, il connaissait les couloirs des égouts par cœur, mais il lui était incapable de dire où lui et ses amis se trouvaient. Nord, sud, est ou ouest, tout cela n'avait plus la moindre signification pour lui. Ce n'était que des concepts. Bien sûr, il aurait pu prévenir S qu'ils étaient perdus. Il connaissait déjà sa réponse " Ta gueule ". Aussi, pour faire gagner du temps à tout le monde, il s'abstenait. Mais chassez le naturel…
  • S ?
  • Oui, je sais.
  • Donc, je suppose que c'est non.
  • T'as tout compris.
  • Tu espères quoi, découvrir un passage secret vers un monde inconnu ?
  • Peut-être.
  • Bien, préviens-moi quand tu verras des lucioles et des farfadets.
  • Ta gueule.

Aussi précis qu'un métronome. Le Rat se lamenta intérieurement d'être devenu ingénieur en informatique. La divination était finalement sa véritable voie. Dommage de s'en apercevoir si près de la mort..
  • Un petit conseil ?
  • Qui a parlé, dit S ?
  • Ah là, c'est pas moi.
  • Ta gueule le Rat ! Qui est là ?
  • Votre dernière chance.
  • Vachement spirituel comme réplique.
  • Putain le Rat, tu vas la boucler ! Qui êtes-vous ?
  • Quelqu'un qui veut la même chose que vous. Foutre une bonne raclée à ces putains d'extraterrestres.

S ne sentit pas d'hostilité dans la voix de l'inconnu. Seulement de la détermination. La même qui bouillait au fond de lui. Plus tard, il apprendrait que l'homme en face de lui n'en était pas vraiment un et qu'il avait des canines légèrement proéminentes. Comme la majorité des vampires d'ailleurs.


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